28.4.11

L'oiseau des mers.

L'air est doux. 
Seuls, les cris des enfants tentent de faire croire au ressac qu'il y a plus fort que lui.Tu regardes le ciel, la mer, les toits des maisons, noirs sur façades blanches, très blanches au soleil qui s'y reflète. 
S'il y a bien des endroits que tu aimes, il en fait partie. Juste du sable, un carré de ciel et le bruit de l'eau. Tu crées ta bulle, avec le battement de coeur de l'océan. 
Il y a l'oiseau. Cet oiseau-là.


Si tu ne l'as pas vu voler, tu ne peux pas savoir à quel point il est difficile de fixer son image. Toujours en mouvements. Toujours gracieux. Une danse. Tu aimes y voir le Paille-en-queue de là-bas, cet endroit où tu as été une autre. A cause des pointes à l'arrière, qui s'effilent dans la lumière du couchant.
C'est un chasseur, un conquérant, c'est Une, parce qu'on lui donne du madame, on dit LA Sterne, l'hirondelle des mers. Elle file, avec le courant, un poisson sans doute a éveillé son attention, elle plane un instant, battant des ailes comme le faucon, et elle se laisse fuser, comme une flèche, tu as le temps de voir l'éclaboussure de sa chute dans l'eau salée et déjà elle est revenue dans le lit du ciel, fine, élancée, joueuse.
Tu prends mille clichés, en espérant qu'au moins une photo...tu en as quelques unes, de loin, parce que la limite de ton oeil objectif très subjectif.
En attendant de savoir, tu te laisses aller au repos. Tu regardes au sol. Ce sable grossier, composé de millions de grains ronds, plats, toujours doux. L'homme à côté de toi compose des piles. Tu l'imites.
Tu imagines les gestes millénaire des doigts dans le sable, ces gestes mécaniques, que tu fais sans réfléchir, qui finissent par polir le bout de tes doigts, comme pour adoucir aussi, le bout de ta vie.
La lumière encore, la lumière toujours, la rondeur, l'éclat, la couleur...
Et voilà.


Ce sont des moments comme ça. 
Où voler et ratisser, c'est doux, comme un soir d'été. 

9 commentaires:

  1. On le savoure, ce bonheur de vivre tous les jours ce que les autres attendent onze mois et demi...

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  2. Oh oui! on savoure, on se délecte, on n'est jamais rassasiés...coucou bretonne du nord :-) !

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  3. Plume d'Elle29 avril 2011 à 08:28

    Merveilles du merveilleux.
    Et Oui la première photo c'est aussi un tableau, une invitation.
    L.
    Mesdames, du Nord au Sud, votre Bretagne n'a pas d'égal, et ses habitants non plus, uh uh !

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  4. Des photos que j'adore. Inutile de s'enfuir au bout du monde. La beauté est là, sous nos yeux.
    :-)

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  5. Splendide diagonale, beau choix.

    Elle s'étire à tire d'aile cette sterne matinale.

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  6. Plume plume, oui vive la Bretagne aux multiples visages, pays de la mixité et des voyages!
    Phil, danke :-) mais j'aime aussi le bout du monde, différent aussi, rien n'est jamais pareil, on ne peut pas comparer. C'est utile de s'enfuir, aussi.
    Jaleph, coup de chance, clac clac clac, j'ai laissé la pente juste recadré de plus près. J'aime les Sternes :-)

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  7. "Tu prends mille clichés, en espérant qu'au moins une photo" la même passion, le même souci pour la perfection dans tout ce que tu fais ...

    Si seulement c'était contagieux ; )

    En Nouvelle Zélande j'étais fascinée par les "garnets", des oiseaux qui vivent "in the edge of the wind". Rien que la description...

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  8. Voilà des photos et un texte qui me font rêver...

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  9. Dana, toi aussi tu as des passions, les mots, les gens, la poésie...tout ce que tu sais et que j'aimerais savoir :-)
    Mingingi, Oh merci de passer, et contente des rêves partagés!

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