C'était au moins la quatrième fois depuis le début de sa balade, qu'elle se disait qu'il lui aurait fallu un bonnet chaud, quand elle entendit les cris.
Elle était partie du pont, juste en dessous, là où elle avait pu laisser sa voiture, et avait longé la côte. Elle en était à son septième kilomètre à vue de nez, d'après la carte qu'elle avait étudié la veille, depuis la chambre douillette où elle avait posé ses valises quelques jours.
Le vent glacial, elle n'avait pas prévu. Il faut dire que le ciel du matin avait été trompeur, la lueur rosée du soleil qui se reflétait dans les branches de l'arbre en face de la fenêtre de sa chambre lui avait donné des ailes. Il allait faire beau, tel était le message qu'un rayon tendre posait sur sa couverture.
La clé dans le fond de sa poche, la carte dans celle qui faisait le revers de son coupe-vent, ses chaussures de marche toutes neuves, elle allait d'un bon pas depuis trois quarts d'heure.
Devant elle, l'horizon, dégagé de tout nuage, entièrement bleu. Une ligne transparente qui se fondait dans l'océan. Le sable lourd sous ses pieds lui avait fait choisir de marcher sur la partie mouillée. Elle résistait à la tentation d'ôter ses godillots rigides pour aller goûter l'écume blanche qui léchait son pied droit.
L'endroit était désert.
Ou presque.
Elle avait cru un instant au hurlement d'un goéland. Mais seule une sterne s'amusait à jeter ses ailes pointues dans l'eau claire.
Elle porta son regard un peu plus loin, devant elle et à sa gauche, là où la dune abritait un sentier carrossable qu'elle avait ignoré, préférant de loin suivre la plage.
Non, elle ne rêvait pas, il devait s'agir d'un bébé.
Elle ne voyait aucune silhouette. Pas un passant. Les hurlements incessants la décidèrent à grimper sur la dune, passer les ganivelles malgré l'interdiction portée sur les panneaux qu'elle avait lus à l'entrée du sentier. Elle rejoignit vite le chemin de terre et chercha des yeux l'origine du bruit.
C'était tout près.
Le guidon d'une poussette à trois roues, de ces modèles de luxe aux pneumatiques gonflables, les seuls à pouvoir supporter le roulage dans le sable fin des bords de mer, dépassait de la légère inclinaison du sentier.
Soudain, elle eut une pensée émue pour l'excellent petit déjeuner, plein de café et de gâteau de beurre dont elle s'était rempli la panse avant de partir, qui se retrouva au bord de ses lèvres en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Près de la poussette où un bambin aux joues rouges d'avoir trop longtemps hurlé, se trouvait allongé un corps de femme, sans vie.
...
LVQA
La Vie qu'on Aime Ou celle qu'on mène...
16.3.12
13.3.12
Mille et onze bêtises
V'la ti pas qu'on me taggue. Deux fois en fait, ce qui fait que je me sens un peu obligée là. Mais je suis mauvaise joueuse, c'est toujours moi qui arrête les chaines, et qui ne fait pas rebondir la balle. Alors je vais répondre aux questions, plus ou moins honnêtement, en poser 11, très honnêtement, mais je laisserai la main à qui veut. Na.
Donc pour ce TAG, il faut : Poster les règles sur votre blog, révéler 11 choses à propos de vous même.
Répondre aux 11 questions posées par la personne qui vous a tagué /Créer 11 nouvelles questions pour les personnes que vous taguerez /Taguer 11 blogueurs et mettre le lien de leur blog sur votre post/Prévenir les personnes taguées.
11 choses sur moi :
Livre, avion, hélico, moto, musique, chat, enfants, amour(s), orchidée, soleil, partir.
And the questions are:
From Armatia
Quel auteur lis-tu en ce moment ?
Patricia Wentworth, Paul Auster.
Où as-tu passé tes dernières vacances ?
En Dordogne, en 2004.(et je ne compte pas l'île de Ré, parce qu'on était chez nous, ou tout comme, c'était pas "à l'étranger" en 2010)
Quelles langues (autres que le français) parles-tu ?
Un superbe meltingword franglais.
Combien de temps (par jour, par semaine) passes-tu sur ton blog ?
Sur mon blog? deux heures par semaine. (c'est vrai on ne parle pas d'internet là, juste du blog).(et je suis en train de me faire mentir avec ce tag).
Quel est on plat préféré ?
Ça c'est une question très très difficile. Je ne sais pas. Trop de choix.
Un souvenir que tu as gardé de tes premières années d’école ?
M'endormir en classe.
Quel rêve aimerais-tu encore réaliser ?
Autant que de plat que je préfère. On va dire, avoir la possibilité de voyager où je veux quand je veux, et écrire un livre. C'est pas dans l'ordre, les deux sont ex aequo.
Lève-tôt ou lève-tard ?
Lève-tard.
Couche-tôt ou couche-tard ?
Couche-tard!
Comment as-tu choisi le titre de ton blog ?
Parce que c'est ainsi.
As-tu un talent particulier ?
Non.
From Lisenn
Aimerais-tu changer de sexe pour une heure, pour un jour, pour une vie?
J'avoue que ça m'amuserait, un jour serait suffisant. Décomposé en plusieurs heures. Genre : une heure à la machine à café, une heure dans un magasin de chaussures, une heure ou deux au restau, une autre ou deux à une soirée coquetail, une minute en tant que chef d'une grosse entreprise, deux heures pilote d'un avion de chasse, deux heures au moins dans un hélico au dessus de la mer d'Iroise, (j'en suis à combien d'heures là?) allez je rajoute une heure de journaliste radio.
As-tu des tics, des manies?
Toujours un oeil sur le ciel au réveil? Tasser le café dans la cuillère pour avoir juste la dose qu'il faut. Plier les serviettes de toilette toujours dans le même sens pour qu'elles s'attrapent facilement. Lire le journal en commençant par le milieu.
J'en sais rien...
As-tu réalisé tes rêves d'enfant?
Euh. Mes rêves ont grandi. Je pense avoir réalisé autre chose, pas mieux, pas pire, en devenir.
Qui es-tu en 11mots?
Il est impossible de me définir en onze mots et toc.
Que représentent tes amis pour toi?
Tout. (elle est facile celle là elle est vraie aussi).
Quel est le roman de ta vie?
Je ne me suis jamais lue. C'est que ça doit être d'une banalité si exceptionnelle que ça ne vaut pas la peine d'en parler. Ou bien c'est si exceptionnel qu'il ne faut pas raconter pour ne pas rendre jaloux.
Quel est le plus beau cadeau qu'on t'ait fait?
Continuer de me supporter.
Quel est ton site préféré pour commander des tissus?
Mazette! jamais commandé de tissus!
Pourquoi as-tu voulu des enfants ou pas?
Pour connaître la peur? pour connaître l'amour? Par égoïsme et par altruisme? Un jour, j'ai eu envie.
Dans quelle région aimerais-tu vivre?
Ahah ah! ICI!
Voilà les filles!
A qui la patate chaude?
Mes questions :
Quand on te demande "que fais-tu dans la vie" tu aimerais répondre quoi?
Quand tu voyages, qu'est ce qui compte le plus?
Quand tu découvres un nouveau livre, un nouveau disque, comment réagis-tu?
Maison ou appartement?
Chien ou chat?
Tu débarques dans une ville inconnue et tu es seul(e), tu vas où?
Combien de temps aimes-tu rester à table?
Ton film préféré?
Choisi ta question, là je suis en panne.
Les jeux de société sont-ils ta tasse de thé?
Quel est l'objet à droite de ton ordinateur en dehors de la souris si tu en as une et que tu es droitier(e)?
Yep. Allez lancez-vous.
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12.3.12
The day book
je vais faire une série de photos "à hauteur de nombril" je commence là.
J'étais ravie dans la librairie du même nom, même si elle avait changé de place. A l'époque, je sortais du lycée pour aller lire quelques BD sous l'oeil désapprobateur du libraire, un grand type dégingandé à la mèche rebelle et aux lunettes cerclées de noir. Il savait bien que je n'achèterai pas. Il n'avait pas la conscience que lire est un besoin vital, et qu'un jour j'y mettrai mes propres sous. Dans une autre ville, une autre librairie, avec les canapés pour lire, où j'ai autant lu que dépensé.
Vendredi il faisait beau, j'ai acheté trois livres. Ça fait bien longtemps que le libraire ne me voit plus, et puis sa librairie elle a bien changé, dix fois plus grande.
Ma soeur aussi a acheté des livres.
On est rentrées avec nos sacs rouges, dans la voiture, on les a posés à ses pieds, et puis je l'ai laissée à sa voiture un peu plus haut, vers le Likès.
Arrivée une heure plus au sud, je me suis aperçue qu'on avait échangé nos sacs. Pas grave. Je lirai ses choix avant les miens. Et puis on se voit dimanche.
J'ai à peine eu le temps d'en commencer un, à vrai dire, que je savais déjà que j'allais lui emprunter les autres du même auteur. Et lui rendre son livre.
Quand tu achètes un livre, tu sais à l'avance le goût qu'il aura. Enfin, tu espères. Tu imagines. Tu te fies parfois à la couverture, parfois aux premiers mots lus sur la page, ou bien la quatrième de couverture.
Ou encore, l'avis qu'on t'en a donné.
Parfois, tu fais un échange spontané et tu découvres quelque auteur que tu n'aurais a priori pas choisi.
Tu te délectes des premiers mots, tu dégustes ou tu dévores.
Je ne pouvais pas ne pas rendre tout de suite son livre à ma soeur. Je le lirai plus tard.
Dimanche, j'avais son sac rouge avec les livres dedans.
Je lui ai dit que je lui emprunterais bien ceux de l'auteure. Elle est allée en chercher deux qu'elle avait. Je les ai mis dans mon sac besace et lui ai tendu son sac rouge. En réclamant le mien.
Dix minutes plus tard on cherchait encore.
Quand soudain, on a pensé à la chambre des parents.
Comme un cadavre sur le lit, le sac rouge, vide. Une preuve qui nous semblait évidente. Mais bon sang mais c'est bien sûr, un sac de librairie tout neuf à la maison, c'est forcément que papa allait le prendre.
(Oui, parce que pour quelques jours encore ma soeur vit chez nos parents avec sa famille). On s'est dit ça, parce que depuis notre naissance quasiment, les batailles de livres en rentrant du Furet ou bien de Dialogues étaient hebdomadaires, on s'attribuait les livres, à celui qui disait prem's, à celui qui gueulait le plus fort "non, moi!" à celui qui voulait bien céder son droit légitime éventuellement. Donc, il était raisonnable de penser que puisqu'il y a des nouveaux livres, les parents les liraient.
Nous avons soulevé les livres sur la table de nuit, sur l'autre table de nuit, regardé sous le lit, sous l'oreiller, sait-on jamais, rien, nada, no book à moi.
Quand papa est entré dans la chambre "les livres? ben je les ai mis dans ton sac"
Aaah, ok, bon, je vais voir alors.
Entre temps j'avais aussi récupéré quelques livres prêtés récemment ou anciennement, des livres que j'avais presque oubliés.
Mon sac, à main, était gonflé comme une baudruche, mon APN n'aidant pas.
Mais dedans ni mon Paul Auster, ni mon Ake Edwarson, ni...ni, je ne savais plus ce que j'avais acheté dis donc. (je dis mon, t'as vu, les livres sont à moi).
J'entendais les voix dans le couloir, je criais que les livres n'étaient pas là, j'entendais le "mais si", quand ils réalisèrent que les livres, papa les avaient mis dans le sac de ma soeur.
Ben tiens.
Pour résumer, j'ai acheté trois livres à Ravy, je suis rentrée avec, et quatre autres de ma soeur et cinq autres rendus. Tout n'est pas rentré dans mon sac, finalement, j'ai aussi récupéré le sac rouge, le mien.
Mais après avoir porté une table en verre sur 300 m, soulevé un argentier léger, un secrétaire lourd, des chaises, en bois, je n'ai plus de bras. Alors pas de...
Oh, si, quand même, je peux encore bien soulever un livre.
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10.3.12
Colors of mine.
C'était un soir de fête. Ils allaient chanter le Requiem.
Peu avant dans la journée, j'avais pénétré le choeur où l'orchestre jouerait. J'avais vu et frôlé les timbales dont la percussion me faisait et me fait encore vibrer. Il faisait froid, les bouches carrées dans le dallage de la nef soufflaient un vent chaud à la Marilyn, mais j'étais en pantalon, comme toujours.
La cathédrale bancale, qui dévie de la tête comme si elle hésitait à filer droit, a retrouvé ses couleurs. Je l'ai vue grise, je l'ai vue emmaillotée, je la vois colorée. J'aime cette voute monochrome, où chaque élément est indépendant de l'autre, avec juste ce qu'il faut d'ombre et de lumière.
Le ciel est bleu, profitons-en.
Un homme est couché dans la vitrine. Est-il apte aux cacahuètes? ou bien attend-il un improbable pique-nique? J'ai envie de lui dire, tu es trop chic pour ainsi t'alanguir dans l'herbe, mais c'est vrai j'ai sursauté, il ne passe pas inaperçu le bougre. C'est ma soeur qui passe devant. Elle joue mannequin, elle pourrait.
On sortait du lycée. Cette rue y mène. Ces chaises n'existaient pas, elles sont devant la boulangerie où je prenais des beignets aux pommes, sucrés, impossible d'aimer maintenant, mon café est sans sucre, alors un beignet...
Les couleurs sont plus fausses que vraies, tu t'en doute, néanmoins je suis bien certaine que c'est ainsi qu'elles pourraient être. Sur la gauche le torréfacteur, je suis entrée pour regarder les prix, je suis sortie c'est quatre fois plus cher que mon budget. Tu vas me dire que ça en vaut la peine, je te dirais qu'aller en Italie aussi.
Tu peux voir les autres photos LA. Elles ont toutes une histoire, mais je ne peux pas tout te dire.
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