"Tiens,
Mamie, assieds toi là, tu as L. à ta droite, c'est ma fille aînée...tu ne l'as jamais vue n'est ce pas? enfin, si, mais de loin. Regardes ses yeux, ils ressemblent aux tiens, aussi bleus. En face, il y aura Amélie, tu t'en souviens? elle, je suis sûre qu'elle ne t'as pas oubliée, après tout, on ne se fait pas réveiller à 2h du matin juste pour parler de la pluie et du beau temps...c'est vrai, tu avais oublié le décalage horaire..mais au moins, là, vous pourrez parler de nous trois, mon frère ma soeur et moi, vous nous avez aimés de la même façon. Comme de vraies Grand-mères.
Pour te titiller un peu, je serai à ta gauche, c'est ma place préférée être à "la gauche de", c'est peut-être parce que je n'entends que de l'oreille droite, je ne veux pas rater une dispute avec toi, une dispute où on élève la voix, juste pour voir qui a le plus de caractère, et puis on s'embrassera comme avant, parce qu'on est pareilles...
Oh!
Mamie-Jo, tu as pu venir aussi et Bon! je suis heureuse, je vous présente M, le futur archéodinosauspidermanus de Bretagne...il pourra discuter des heures avec Bon, ils planent autant l'un que l'autre, peut-être que Bon va lui pincer le nez et lui faire croire que le nez est resté dans sa main? il entendra alors le rire de M, le rire le plus contagieux, celui des enfants heureux...toi Mamie-Jo, je te place entre L et E. Tu te souviens de L.? ce n'est pas sûr. Tu étais à l'hôpital quand je t'ai dit qu'elle arriverait dans 6 mois. Tu n'as pas pu attendre de voir son petit minois, tu es partie, lasse de vivre si seule.
Amélie...Tu seras à côté de E. la petite dernière, la chipie, celle qui a aussi un sacré caractère. Comme tu aimes, elle est encore petite, tu pourras la bercer dans tes bras couleur de miel. Tu me manques aussi, d'aussi loin que tu habites toujours, je pense à toi souvent, je suis une mauvaise personne, je n'écris pas, je ne téléphone pas, je ne fais que dire, il faut que. Je suis contente que tu aies pu venir à ce repas exceptionnel, ceux des personnes que j'aime, au delà du temps, au delà des âges, au delà des nuages ".
Ca fait tellement longtemps que j'y pense, à ce repas là.
Je suis là, avec vous, vous êtes en moi, et je sais bien que ce soir, avec les miens, autour de la table et du festin, une pensée fugace traversera mon coeur et mon âme;
Là, je pleure, parce qu'il reste des choses impossible sur terre, des choses impossibles à faire, alors qu'au fond, elles me sont essentielles.
L'absence est un fait bien cruel.
Alors, puisque nous sommes là, je vous souhaite à tous de passer des moments magiques avec les vôtres...
Et je vous embrasse tous bien fort, vous m'êtes précieux.
PS: Mamie n'avait pas les yeux bleus...et pourtant...