C'était un soir de fête. Ils allaient chanter le Requiem.
Peu avant dans la journée, j'avais pénétré le choeur où l'orchestre jouerait. J'avais vu et frôlé les timbales dont la percussion me faisait et me fait encore vibrer. Il faisait froid, les bouches carrées dans le dallage de la nef soufflaient un vent chaud à la Marilyn, mais j'étais en pantalon, comme toujours.
La cathédrale bancale, qui dévie de la tête comme si elle hésitait à filer droit, a retrouvé ses couleurs. Je l'ai vue grise, je l'ai vue emmaillotée, je la vois colorée. J'aime cette voute monochrome, où chaque élément est indépendant de l'autre, avec juste ce qu'il faut d'ombre et de lumière.
Le ciel est bleu, profitons-en.
Un homme est couché dans la vitrine. Est-il apte aux cacahuètes? ou bien attend-il un improbable pique-nique? J'ai envie de lui dire, tu es trop chic pour ainsi t'alanguir dans l'herbe, mais c'est vrai j'ai sursauté, il ne passe pas inaperçu le bougre. C'est ma soeur qui passe devant. Elle joue mannequin, elle pourrait.
On sortait du lycée. Cette rue y mène. Ces chaises n'existaient pas, elles sont devant la boulangerie où je prenais des beignets aux pommes, sucrés, impossible d'aimer maintenant, mon café est sans sucre, alors un beignet...
Les couleurs sont plus fausses que vraies, tu t'en doute, néanmoins je suis bien certaine que c'est ainsi qu'elles pourraient être. Sur la gauche le torréfacteur, je suis entrée pour regarder les prix, je suis sortie c'est quatre fois plus cher que mon budget. Tu vas me dire que ça en vaut la peine, je te dirais qu'aller en Italie aussi.
Tu peux voir les autres photos LA. Elles ont toutes une histoire, mais je ne peux pas tout te dire.