16.5.12
Que la force...
J'ai une amie que j'aime beaucoup qui est inquiète.
J'ai pensé à elle hier, comme ça, très fort, alors j'ai pris des nouvelles.
On ne sait pas trop parfois ce que les trop longs silences veulent dire. Parfois aussi, il y a des silences parce que le temps passe plus vite que le son, alors on ne dit rien.
Mon amie est inquiète, et ça ricochète.
Juste avant de penser à elle, moi je pensais égoïstement au soleil et au plaisir de sentir sa chaleur, malgré le vent qui transperce encore.
Je voyais le jardin encore plus vert et les fleurs d'un blanc éclatant, juste avant de constater que le fuchsia c'est fuchsia et que ça ressort bien sur le vert. Ou encore qu'on ne fait plus qu'apercevoir la maison des voisins, tant les arbres ont repris leur parure de printemps vert.
Le jardin nous enferme dans son enclos, il nous fait sauvages, il nous isole, sauf du bleu du ciel.
Il y a eu trois jours fous de musique intense, j'en avais l'oreille toute émue.
Et puis il y a eu la danse où enfin je commence à trouver accord entre pas et mon corps. Ce genou que je ne sens presque plus, quand je saute, je n'hésite plus, il n'y a plus cette gangue qui me retenait au sol, il n'y a plus cette prison qui me gardait incomplète.
Mon genou va mieux et mon dos trouve mieux sa place.
La danse de lundi qui m'a remise en ordre, cette danse africaine que j'aime.
Mon amie est inquiète et contre l'inquiétude je ne peux rien, parce que je n'ai pas les réponses.
Alors, en attendant qu'elle sache, en attendant qu'elle trouve la route à suivre, le plan, je lui mets cette musique là, forte, brutale, battante, qui déclenche le bouillonnement du sang, les pulsations du coeur.
Je suis passée juste devant la scène à un moment, j'ai failli tomber à la renverse tant la puissance du son m'a frappée au plexus, comme un poing qu'on te donne pour relancer le muscle cardiaque.
Bang, ça fait, bang, et tu te lèves et tu danses.
Ma belle Minette, noie ton inquiétude dans ce bruit là, en attendant, pour continuer de battre ton coeur, alors que tes pensées sont ailleurs.
11.3.11
12 Jours et 2 pots de Nutel** plus loin...
J'ai cassé l'oeuf. J'ai le poil tout mouillé, je suis toute blanche et j'ai la peau lisse.
Pas de bol, il fait gris.
Il me reste une petite gêne mais j'arrive à mener à terme un bâillement sur deux. Le soir j'ai la carcasse endolorie et je suis un peu lente, il me faut plus d'effort pour le souffle, mais globalement je crois que je suis sortie d'affaire.
Les enfants ont passé plus de temps que prévu chez leurs grands-parents.
Il a fallu manger pendant tout ce temps. Mais l'appétit s'était fait la malle. L'effervescence des analgésiques m'a arraché le palais, tout était réuni pour que je ne mange pas.
Mais.
Un matin j'ai eu la révélation.
Je cherchais un truc doux, un truc sucré avec l'argument de se réveiller un peu, des sucres rapides, un truc à manger. Et voilà que Nutel** m'a sauvée. Avec de la brioche (j'avais trop mal avec la croûte du pain).
Un matin, j'ai donc, du bout des lèvres quand même, avalé deux tranches de brioches avec la pâte tartinée dessus.
Il me reste un demi-verre. Oui, l'homme n'a quand même pas acheté le pot familial. On ne sait jamais il pourrait en rester.
Les vacances se terminent. Demain les enfants. Qui ne reconnaîtront pas la maison car en plus, on a fait quelques travaux. Je ne peux pas dire que c'est fini, ah non, ça, je ne peux pas dire, c'est même un bordelum comme c'est pas permis. Genre chaos.
Tiens, j'ai commencé ce billet ce matin, là c'est le soir, le soleil éclaire en plein les tâches sur les baies vitrées, il y a deux échelles, un escalier avec la moitié de sa rampe, de la poussière de bois partout, un plan de travail à terre, avant qu'il soit remonté ailleurs, tout ça avant demain...
Comme on a cassé le bar dans lequel on rangeait tout un bazar, le dit bazar est dans le couloir et ailleurs...
Oui, ça va mieux, j'y crois, on va y arriver.
Je dis On parce que même si c'est l'homme qui fait tout, je suis l'assistante. Je passe le scalpel, je trouve, je visse même avec une vraie visseuse d'homme, pas un machin ridicule. Et puis quoi, c'est moi qui dit "et si On mettait ça là? et si On déplaçait ça?".
Vous êtes comment dans les travaux? bavard(e)(s) et toujours de bon conseil, ou silencieux(se)(s), genre je laisse faire et je dis après? Savez-vous vous éloigner quand il est encore temps, quand l'orage gronde? ou bien, mettez-vous l'huile sur le feu avec des petites phrases de soutien comme "moi, j'aurais pas fait ça" ou alors "je te l'avais dit"?
Je suis assez fière de dire quant à moi, que nous fonctionnons bien tout les deux. Quand un truc ne fonctionne pas, on se tourne à l'unisson vers le couillon de fabricant qui vend de la merda. Et on s'épaule, tout contents de savoir que face à l'adversité, on est deux.
Mais bon. On a pas fini.
Je voulais aussi vous remercier de votre attention, de votre gentillesse, et de vos mots doux qui m'ont vraiment fait du bien. Je me sentais soutenue et ça compte. Merci.
8.3.11
L'oeuf.
Un cachet analgésique qui m'arrache la bouche, une nouvelle position pour tenter de retrouver le sommeil.
Pourtant, il y a des moments de mieux. Je n'ai plus constamment mal, juste quand je tousse, quand j'inspire et parfois par surprise.
Je me fais l'effet d'être un oeuf.
Tout passe sur moi sans m'atteindre, qu'on me serre ou qu'on me presse, que l'eau coule, ou la terre me tache, je ne change pas d'aspect, tout m'indiffère.
Je passe du lit au canapé au lit, autant d'heures qu'un chat sur sa flaque de soleil, sans rien produire, ni dormir, ni rêver.
Je perds du temps à couver, je suis un oeuf, mais stérile.
L'envie de rien, même de manger. Je ne lis pas encore, j'écris parfois, la preuve, et voilà.
Je crois bien que je me reconstitue. Brique après brique, respiration après respiration. Je finis l'hiver en véritable hibernation.
Ceci pour me faire pardonner de ne pas vous lire, vous commenter, vous rire.
Petit à petit.
L'oeuf.
16.2.11
8.1.11
Souvenir souvenir.
Je l'ai vu en vrai.
Pas très grand, pas très rapide, déjà très malade en fait ; il était venu inaugurer la Fac à laquelle j'appartenais en 1994. C'était un jour gris. Mais les murs de cette Fac étaient encore très colorés, c'était nouveau, c'était beau, c'était rouge, jaune, orange et noir. Moi, j'aimais bien.
A vrai dire, j'ai toujours un pincement au coeur quand je passe devant l'U.B.O.
C'est le symbole de mes envies, de mes échecs, de mes lacunes, de mes envies encore. A chaque fois, je me demande si ceux qui y travaillent ce jour-là, dans la bibliothèque, ou au CRBC connaissent leur chance.
Je ne réalisais pas bien à l'époque. Je suis quelqu'un qui comprend vite à qui il faut expliquer longtemps.
J'associe François Mitterrand à la culture, à l'intelligence, à l'humanité aussi. C'était quelqu'un. Pour moi, il n'y a aucun doute là-dessus, je continue de lui porter un grand respect. Jusqu'au bout il est resté digne. Bien sûr les "affaires". Les secrets. La part d'ombre. Et bien tant mieux. Il en faut bien des erreurs, pour apprendre.
Pourquoi je pense à lui, ou pourquoi est-ce à la Fac que je l'associe?
Parce que les deux sont liés.
Continuer d'apprendre, se cultiver, rester curieux, pour pouvoir s'exprimer, comprendre, et apprécier les choses à leur juste valeur. Je suis persuadée que de la connaissance naît la compréhension, et que cette compréhension est indispensable pour une certaine harmonie sociale.
La Faculté, est un espace de liberté pour apprendre. Rien n'est ou ne devrait être tabou, tout peut s'étudier, s'expliquer. Il est possible de communiquer avec les "sachants". S'ils ne savent pas, le statut d'étudiant est un sésame pour aller plus loin, une autre ville, une autre bibliothèque.
C'est l'accès à tout le monde quelle que soit sa condition sociale dès le Bac en poche, au monde. A l'Autre.
Il faut juste avoir envie. D'aller plus loin. Ne pas se contenter de ce qui est sur la table devant soit, mais aller voir sur le livre d'à côté. L'étagère du dessus. Ne se fixer de limites que celles de sa résistance physique. Avoir un poil dans la main rend les choses plus difficiles. Les regrets des années plus tard de ne pas avoir eu suffisamment de lucidité sur ces clés qui nous sont quasiment données...
Evidemment, la nécessité de payer un loyer et de se nourrir, raccourci considérablement les ambitions.
Mais c'est parce que je ne voulais pas vraiment. Je suis sûre que si j'avais vraiment voulu, si et si et si...j'aurais agi autrement.
Donc, regretter, mais se rattraper.
Mieux vaut tard que jamais. Vieux motard que jamais.
Vive la Fac, quoiqu'on en dise.
PS: aujourd'hui: Emily Loizeau, "Pays sauvage"
Youn sun Nah, "Voyage"
et Eddy Mitchell, "Grand Ecran"
Yes.
16.12.10
Le temps.
Tu grimpes sur mon dos.
Comme avant, quand tu étais minotte, dans l'écharpe. Parfois je me dis, ah, l'écharpe. Ta tête trouve sa place contre le haut de mon dos, et nous descendons l'escalier. Tu te moules encore à moi, mais je sais que ça ne durera pas. Ta grande soeur et ton grand frère ne le font plus déjà.
Le soir, alors que j'écris ici, ou ailleurs, tu viens près de moi sur le canapé, et là encore ta tête trouve sa place dans mon giron. Ta main fait la boucle dans tes cheveux, ce geste enfantin perpétuel, presque une marque de fabrique. Celui que tu faisais dans les miens, alors que tu étais dans le tissu bariolé, endormie, bercée, ballotée aussi.
Ou bien, alors que je suis dans la cuisine, que mes mains font le pain, tu t'approches, et ton bras autour de ma cuisse, tu t'appuies.
Parfois, encore, tu demandes un câlin. Je te prends dans mes bras, et je te serre contre moi.
Tous ces moments dont je prends la mesure parce que je sais.
Je sais qu'un jour, c'est moi qui voudrai te faire un câlin, c'est moi qui chercherai la chaleur de tes bras, ton odeur, ta douceur, ton rire coquin.
Plus que le temps qui passe sur moi, je vois celui qui va te prendre à moi, naturellement, insensiblement, mais très certainement.
Je te dirai encore que je t'aime, comme les seuls mots que je dirai toujours, à toi, à eux, mes enfants, petits êtres vivants, tout petits et déjà grands.
8.12.10
Let it be
Nous devions être 35, au moins, je pourrais recompter sur la photo que j'ai toujours, prise dans cette classe. Belle photo pleine de couleurs, comme la vie là-bas.
Il fallait descendre un escalier, rentrer dans une sorte de jardin, ou plutôt, la baraque était dans un endroit où la végétation pouvait reprendre ses droits. Je dis baraque, mais il s'agissait en fait d'une vieille case. Quand j'y pense, c'est étonnant, une grande case en bardots de bois, sur les murs extérieurs, du bois à l'intérieur, sur les murs, un vieux plancher il me semble. Je ne suis plus très sûre.
Nous n'avions pas assez souvent cours de musique.
Ici, point de flutes discordantes. Quelques très vagues notions de solfège. C'est là que j'ai appris à dessiner les clés de fa et de sol.
ll y avait un piano droit, en bois aussi, un vieux truc sûrement, mais qu'en sais-je?
C'était le jeudi.
Nous aimions aller à ce cours.
Surtout les filles, je crois bien. Le prof, tu vois. Un beau mec, faut dire, aussi blond que son frère était brun (et prof de sport) bronzé, et appartenant à un groupe de musique dont le nom me revient soudain (incroyable la mémoire!) : Axe!
Ah ah ah, s'agissait-il du même qui disait "laissez Axe agir"?
Nous étions donc tassés, là, et c'était parfait.
Parce que nous chantions.
Je passe la période Gold avec "un peu plus près des étoiles" (ça y est tu as l'air en tête? bon courage...)
Ou encore Goldman "je marche seul" (oui, choix fantastique, en plus j'étais fan, j'avoue)
Un jour, on a appris Les Beatles.
J'avais bien écouté un disque chez une copine (dont j'ai oublié le prénom, on n'avait pas dû être amies longtemps). Il me semble aussi que nous avions le disque avec la pomme verte dessus à la maison.
Enfin, bref, nous avons appris Let it be, je reste persuadée qu'il faut apprendre les langues par la musique (ou en traduisant des bouquins de cuisine, la motivation est grande!)
C'est la seule chanson en anglais dont je connaisse vraiment les paroles.
(Je connais "Suzanne" aussi, mais c'est un autre celui-là, rien à voir )
Tiens, je te mets un petit lien si tu veux écouter avec moi...
C'est pas très sexy, n'est-ce pas, mais impossible de le trouver autrement...
M'enfin, là, tu peux même faire karaoké derrière ton ordinateur et rien que pour ça je voudrais être une petite souris...:-)
15.10.10
Avoir chaud.
Mais.
J'ai eu froid. Tout à l'heure. Alors j'ai mis de la musique. La musique donne de la chaleur, tout le monde sait ça.
Mais j'avais encore froid.
Alors, j'ai mis par dessus mon pull, un autre petit pull, une sorte de boléro, le bas du pull arrive au milieu de mon dos.
Ma fille, la petite, a dit:
"Oh, mais il est tout petit riquiqui ce pull. Tu as froid? Attends, je vais te réchauffer"
Avant même que j'aie eu le temps de faire le noeud qui ferme le pull, en haut, ma fille, s'est jetée sur moi, les deux bras autour de mes hanches, sa tête à hauteur de mon ventre, debout sur la pointe des pieds.
"Tu as chaud, maman?"
Oh oui, ma petite chérie, j'ai chaud. J'ai chaud dehors et j'ai chaud dedans.
Tu vois, le petit radiateur a besoin de bras autour. Pour rayonner encore.
Je voudrais réchauffer encore longtemps.
7.10.10
La pomme.
En substance, j'ai dit que la pomme n'était pas qu'un fruit, et pas non plus qu'un péché. Ou alors je suis une pécheresse très gourmande.
Ce à quoi on pourrait dire que oui, de toute façon, c'est ce que je suis.
J'assume. Je pèche, et je croque la pomme, et même jusqu'au trognon, je ne te rendrais que la queue.
Alors, pour baptiser cette pomme qui me fait femme malhonnête, j'ai voulu faire un montage photo, un de ceux qu'il m'était impossible de faire dans d'aussi excellentes conditions. Je pensais à quelque chose de bien particulier en le faisant. C'est la photo de fond qui m'a inspirée. Celle où les gouttes sont figées sur la peau tendre de la rose, alors que la pluie s'en est allée pour laisser place à un soleil lumineux.
Tu vois?
28.8.10
24.8.10
Le pour et le contre...
Gagner des sous.
Manger des pâtes avec du beurre.
Voir du monde.
S'habiller bien (et donc faire une journée shopping)
Sourire.
Ne plus réfléchir à demain.
Faire partie des femmes actives.
Payer des impôts (oui parfois, on a envie d'en payer).
...
Le contre.
Ne plus pouvoir écrire.
Ne plus voir ses enfants (horaires de fermeture: 19H00!!!)
Payer des impôts (cherchez pas...)
Ne plus lire.
Ne plus regarder le ciel.
Ne plus faire de moto quand je veux.
Ne plus voir ses enfants.
Ne plus manger de pain maison.
Fermer la chambre d'hôtes.
Ne plus être joignable, par toi.
Ne plus faire de photos.
Ne plus rêver.
Continuer à porter des jeans et des vieux pulls.
Ne plus voir les gens que j'ai envie de voir.
Faire un métier qui ne me convient pas, pas pas pas du tout.
...
Mais.
Voilà. Ce sont les questions qui tournent dans ma tête à l'heure des décisions. Cette semaine, j'aurai RDV avec le grand patron pour décider de mon avenir professionnel.
Je suis sur un fil, celui de l'indécision, gagner sa croûte, oui, mais à quel prix?
Beaucoup de femmes font ce choix, parce qu'elles n'ont pas le choix. Ce sont celles que vous croisez dans le métro, qui regardent au sol, parce qu'elles vont là où la nécessité les mène, ce sont celles qui ont perdu leurs yeux ouverts sur la beauté des choses parce qu'elles doivent nourrir leur famille, payer un loyer, rembourser leurs prêts, manger chaque jour, survivre.
Ma conscience me dit: elles y arrivent, elles parviennent même peut-être à trouver des satisfactions, parce que la tâche leur plaît, ou bien qu'elles sont satisfaites du travail bien fait.
La voie que j'ai choisie n'est pas simple, elle me coûte au quotidien, le quotidien des factures. Mais.
Je vis ma vie, suis-je égoïste de préférer manger des pâtes toutes nues, de me poser chaque jour la question du lendemain, l'angoisse de la panne de la voiture, ou une autre bêtise du genre, irréparable quand tu n'as pas le sou qui te permet de remplacer la pièce usagée?
Suis-je coupable d'espérer un jour que l'accueil des Zotes rapporte au moins juste assez pour rester dans cette maison en bois, dans ce pays de vacances, que tes enfants aient de quoi se vêtir?
Suis-je à ce point inconsciente de me poser ces questions, reprendre le travail dans une entreprise, un travail qui ne m'épanouit pas, qui lutte contre mes principes, ou le peu que j'ai de principes?
Voilà.
Voilà où j'en suis aujourd'hui.
Et ce n'est qu'une miette de mes pensées qui traînent, les autres sont ailleurs, merci, élevées par un Vent qui me porte et me maintient, l'envie.
Je.
PS: le RDV est le 22/09 finalement.
Et comment vas-tu?
Je. :-)
14.8.10
Nuit.
Découvrez Melody Gardot!
J'ai filé.
Droit vers la mer, droit sur le Pont qui la traverse, à un endroit où il ferait bon s'arrêter si le Tigre n'aimait pas tant rouler.
Tu vois ce pont? Parfois, je passe en dessous, je regarde l'eau verte, je regarde le courant, la force du courant qui fait des ronds, des cercles, de l'écume blanche, tant et tant que tu ne trouves d'endroit calme, que près, très près de la côte, abrité du vent. A mes pieds.
Quand c'est marée haute, la mer peut paraître dormir. Mais. Si tu regardes d'un peu plus haut, tu vois bien ses yeux en mouvement qui veillent, qui te disent la prudence.
Alors j'ai traversé une nouvelle fois. Je n'allais pas à la Barre, pas cette fois, j'allais prendre des forces chez mon amie. C'est gagné, je suis revenue requinquée, à la nuit noire.
Le Tigre noir dans la nuit noire, ce doit être juste la lumière d'un phare. Un phare rond et aimable, blanc et brillant.
Je ne roule pas souvent la nuit, je suis donc bien plus prudente. Je vais moins vite, parce que, vois-tu, je ne vois pas plus loin que la lumière de mon phare. Parfois, même pas de bandes blanches sur les côtés, juste un ruban noir, dans la nuit noire et mon noir destrier.
Un fantôme.
Celui de mon ombre qui me rattrape et me dépasse quand je passe sous un réverbère.
Ton ombre. Celle qui m'accompagne, partout.
Il y avait d'autres phares dans cette nuit d'encre. J'ai levé la tête un court instant, et j'ai vu les étoiles. Plein d'étoiles. Je ne me suis pas arrêtée pour les compter, je me suis dit qu'il était impossible cette fois encore de tenter de les mesurer. C'est comme le vent. Une force incroyable qui te rend tout puissant et si petit en même temps.
Enfin, j'ai fait taire le ronronnement de ma bête. Je l'ai couchée, un peu, sur un pied.
J'ai ôté le casque, et j'ai ouvert grand les yeux.
Je t'ai vu.
L'effet miroir sans doute, ou bien simplement les mêmes étoiles que toi, le même ciel, assurément.
Pas besoin de lire, cette nuit, je suis nourrie du ciel noir et du Vent.
Bonne nuit...
4.8.10
La Robe.
Alors tu croques.
Bien sûr, tu attends quelque chose, on croit toujours connaître le goût du chocolat, mais. Voilà que tes yeux fermés pour mieux déguster, tu cesses d'y goûter. La surprise. C'est que, vois-tu, il y a une liqueur, à l'intérieur.
Alors, tu sens la chaleur qui passe de tes lèvres à ta gorge. Elle fait glisser le chocolat et tu soupires d'aise.
La robe.
Elle cache tout, elle enrobe. Elle est douce, tu le sais, puisque tu l'as tenue en main. Enfin, tu crois.
Puisqu'entre la robe et moi, tu ne sais pas.
9.6.10
9 Juin
Parce qu'à une époque, j'avais plein de choses le 9 juin. Des anniversaires surtout.
Le premier d'entre eux, celui de ma grand-mère. Pourquoi est ce que je me souviens du sien plus que de celui de mon autre grand-mère, me demandé-je aussi, là?
Parce que l'une a vécu plus longtemps que l'autre et donc cette date est inscrite dans ma mémoire.
On allait la voir, à Kerlevenez. On frappait à la porte bleu ciel, on attendait le ouioui, clair, elle se tenait alors devant nous pimpante.
Le bleu, d'ailleurs lui allait comme un gant. Un bleu délavé comme celui de ses yeux, comme celui des yeux de son père, avait-elle plaisir à rappeler. Alors elle portait une jupe en maille bleu pâle avec son gilet au bouton dorés assortis. Elle coiffait ses épais cheveux blancs en arrière, et se mettait du rouge à lèvres. Toujours du rouge, un joli rouge, pas trop foncé, il fallait rester classe.
Au début, elle portait toujours les gants et un chapeau. Et un de ses centaines de sacs à main. Oui, c'était une femme du monde, elle en gardait encore les habitudes, même dans sa maison grande comme une chambre.
Elle l'avait décorée avec ses choses à elle, un grand tapis dans lequel on se prenait les pieds, une armoire, son lit de toujours et ses tableaux. Je les vois encore quand je vais chez mes parents, et parfois, en les regardant, je vois fugitivement tous les murs qui les ont portés, c'est assez troublant.
Enfin, ces 9 juin là, nous allions nous taper la cloche dans un bon restaurant.
Le 9 juin, c'était aussi l'anniversaire de ma meilleure amie de lycée, celle avec qui j'écrivais sur le cahier rouge. Ce doit toujours être son anniversaire, elle aura 37 ans aujourd'hui, mais je ne sais plus ce qu'est sa vie, j'en suis sortie, et je serais bien incapable de dire comment pourquoi, enfin, si, j'ai des impressions de raisons, mais, quand même, je pense à elle, souvent finalement.
Et encore l'anniversaire d'un ami, le meilleur ami d'une amie, quand on s'est revus au mariage de cette amie commune, nous nous sommes embrassés chaleureusement, parce que les souvenirs.
Je suis surprise de ces réminiscences, de ces instants qui me sautent à la mémoire comme le parfum d'un bonbon oublié.
Ces 9 juin, un grand méli-mélo de souvenirs entremêlés, une salade composée d'images en vrac, le passé dans toute sa splendeur oubliée.
Je suis sûre que si je revoyais mes amis, ce serait comme hier, comme toujours, il y a des caractères qui ne changent pas, ou bien des sensations qu'on a plaisir à retrouver.
Je les embrasse tiens!
Et vous, rien de spécial ce 9 juin?
11.3.10
Indestructible
J'écoute la musique.
Elle est assez forte pour vibrer avec moi, faire couler plus vite le sang dans mes veines.
Elle est assez puissante pour que mes pas se cadencent à son rythme et que le mouvement se fasse plus ample.
Pouvoir des mots, transe, concentration du moment où le sens du dit transcende la réalité.
Elle a ce pouvoir sur moi la musique, elle m'influence.
Je sais quel morceau mettre si je veux être en forme et pulser, ou bien si je veux être mélancolique.
Et je sais aussi que je peux être indestructible. Parfois.
Ainsi, écouter Higelin, son dernier album me rend forte. Ce "vieux" de quasi 70 ans, on le dit assez dans les médias. Oui, il est top. Il est jeune. Il a la force avec lui.
Et il Aime.
Depuis que j'ai "Amor Doloroso", je suis sous le charme.
Il aurait suffit que je lise les paroles, c'est comme un poème, comme une lettre d'amour, lis:
L'amour s'en va
Seul sur les quais
Je broie du noir
Le train repart sans moi
La route est longue
Le temps est lourd
La nuit est blanche encore
Et noir le jour
Je te revois fière et sauvage
Ensorcelée pieds nus dans la poussière
T'embraser comme une flamme affolée par le vent
Et te jeter dans mes bras
L'amour, l'amour, l'amour, l'amour est mort
Amor doloroso
Je sens encore
Entre mes bras
Chavirer ton corps
Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor doloroso
Si loin de toi, j'ai mal, j'ai froid, j'ai peur
Je n'aime que toi.
Combien de jour
De nuit encore
À délirer sans toi ?
La fièvre au corps
La mort dans l'âme
Bien plus de mille et une fois
Je me suis senti mourir dans tes bras
Jusqu'au jour où lassée
Peut-être
Tu m'as quitté sans dire
Un mot,
Sans un regard
Me laissant seul désemparé
Attendre ton retour.
Douleur, douleur, douleur, regrets et remords
Amor doloroso
J'entends encore tout contre moi
Battre ton cœur.
La vie, l'amour, l'oubli, la douleur et la mort
Amor doloroso
Si loin de toi, j'ai mal, j'ai froid, j'ai peur
Je n'aime que toi.
Découvrez Jacques Higelin!
Et maintenant, cet album "coup de foudre" comme il porte bien son nom.
Lis la chanson "j'ai jamais su"
Découvrez Jacques Higelin!
Et ça fait du bien.
8.7.08
1.11.07
Les Mots, les non-dits et les mots dits...
Dans une tête comme une autre, la vie c'est dire...
Penser, ne pas dire, faire et défaire, sans mots, ni maudits.
Broder, affabuler, commencer éternellement, des mots, sans queue ni tête, interminablement.
Fermer les yeux pour dormir. Que nenni. Fermer les yeux, rêver. Inlassablement.
Ma tête vit la nuit. Désespérément.
Au matin, pffft, les mots, les non dits, sont partis, les maudits!
Qui ne dit mot, consent.
Que dalle, non mais!
28.5.07
Une histoire de bouteille...
A tous ceux qui aiment la vie en couleurs, à présent ils liront rose...
A tous ceux qui s'agacent de tout ce rose, j'ai mis du gris, ça fait plus sérieux...
A tous ceux qui n'aiment pas le gris, remarquez comme on voit mieux le rose...
A tous ceux qui ne me croient pas, c'est normal, c'est pas donné à tout le monde!
A tous ceux qui sont jaloux, du rose, il faut écouter un peu de bleu et rire jaune,
A tous ceux qui en ont marre de ces changements, nul n'est parfait,
A tous ceux qui découvrent, attention, travaux!
A tous ceux qui voient la vie qu'on aime en rose, mais qui broient du gris, revenez plus tard, le temps change!
C'est un état d'esprit, tant pis ou tant mieux, mes tubes de couleurs sont toujours à moitié pleins, mes sacs de farine aussi, ma vie est totally full, n'en déplaise aux esprits chagrins, et le vin que je bois, parfois, dans une bouteille à moitié pleine, n'en est que meilleur!
Sur ce, mon überemploi du temps (clic) me rappelle à l'ordre!
Mon numérique demande à manger, mon chat croquette, mes bambins ronflottent, chérichéri corrige, il n'y a que le vent qui rend fou!
Où céti que je vais mettre ce billet?
21.5.07
Le Saboteur sachant saboter
Dans le cadre du Festival Anti Spleen de Nina Louve, j'avais pondu un texte pour apporter un gravier à l'édifice...
Le thème donné était: le Saboteur...
Ici, il a agi, car mon Mail n'est jamais arrivé!
Alors pour lui faire un pieds de nez, je copie colle mon courriel et son retour triste dans ma boite trois jours après l'envoi!
En retard, c'est la faute du cafard, celui qu'est tout noir
Suis en retard, j'ai raté l'heure
C'est la faute du saboteur!
Ce matin, sur la lande,
Je l'ai vu avec sa bande...
L'avait une tête de facture, de très mauvais augure!
Il a souri, j'ai tressailli sapristi!
Bien des années sont passées pour temps,
Sans y penser, même un instant!
Et le voila avec sa tronche
Qui se repointe sans que je bronche,
J'me suis enfuie, j'vous l'avais dit:
Pas de Saboteur, pas de malheur
Ça me botte pas ce tralala,
J'lui tourne le dos, à ce salaud,
J'montre mes sabots
Pendus à mon cou
Ils m'suivent partout
Sur la lande, le dimanche,
Au marché, les pieds nickelés, ficelés.
C'est la paix dans mon pré que je réclame!
Brouter, ruminer, vache à lait, =
Oui, brave Dame!
Et là, perte de texte, ni sauvegardé ni copié sur papier, perdu pour perdu, c'est foutu!
Le revoila, il est revenu!
Dans Internet, il s'est perdu
Jamais arrivé dans la meute,
et chez moi, c'est l'émeute!
me v'la!
Le Saboteur a perdu ses sabots,
Pas trop tôt!
17.5.07
Tout doux, tout fleurs...














