Je te dis dès maintenant, à J-1.
Je te dis que c'est le bazar, qu'aucune valise n'est remplie, juste quelques pochettes de ci de là. Les accumulation de linge propre à trier, le plus de propre possible pour partir. Les courses du pique-nique, des pique-niques, sont encore dans ma tête. J'annule une activité cet après-midi pour les enfants pour qu'ils rangent leur chambre... et ensuite nos gardiens de maison et de chat arrivent.
Je te dis que je pars avec mon ordinateur, mais c'est pour les photos, parce que je n'aurais pas de connexion là-bas. Tu vas me manquer, si, ça je sais qu'il va y avoir sevrage, et puis je sais aussi que je vais t'oublier, un peu, parce que j'aurais trop à voir, et à faire en bas.
Quand même, j'ai acheté un moleskine exprès pour raconter le voyage. Je suis snob mais j'en ai un pour la canard et j'adore écrire dedans. Bien l'intention de marquer chaque jour et de photographier chaque jour aussi.
Je te dis que je pars demain, et qu'avec tout ça, j'aurai un gâteau le soir chez les zamis de la vraie île. C'est quasi un voyage d'île en fait. Je quitte ma presqu'île, pour dormir sur une île avant d'en rejoindre une autre.
Demain matin, révision voiture, imagine qu'on trouve un problème. Non.
Bref, là je sais que j'ai encore mille choses à faire, les filles ont leurs médocs pour là-bas où il parait que zéro acariens, ça va leur faire du bien, on revient de chez le médecin (révision des humains).
Faut que j'aille chercher les lecteurs dvd chez les zamis d'ici. Faut que je rende les livres à la biblio.
Faut que yaka, faucon.
Je vous embrasse fort, à tantôt si c'est pas trop tard.
Biiiippp.
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4.4.12
26.3.12
Voyage #5
C'est le tour des hôtels. On ne va pas descendre en une fois. Pas fous. Finalement, ne rien prévoir c'est tout prévoir.
Les cartes routières je n'en ai pas de cette région. Le sud de la France. J'ai des images de paysage, des souvenirs de traversées du massif central, pas grand chose en fait.Je n'ai pas de carte mais j'ai des outils que j'apprends à lire. Faire glisser les doigts sur le trackpad pour agrandir ou rétrécir, garder le pouce appuyé pour aller à l'Est, à l'Ouest, au Nord, au Sud. Utiliser ses cinq doigts pour tracer le chemin virtuel. C'est une autre lecture du paysage.
Les hôtels c'est pas compliqué, on a choisi la même chaine, même si j'abhorre ce genre de logement, mais on est 5, on compte ma brave dam'.
Je tapais le nom de l'hôtel sur la page, sur un onglet à côté je tapais ce qu'on voulait voir, sur un autre le chemin conseillé. Je lisais le nom de la ville, j'agrandissais l'image de la carte, je devinais l'endroit où vit une amie. Et puis un peu plus loin, celui où vit une autre amie. Et puis encore plus loin, un ami pas vu depuis... je ne sais plus.
Sur le magnifique réseau social où je me fourvoie encore pas mal, j'ai tapé les étapes nuit. Locoal/Rivedoux/Toulon/Calvi/Bastia/Valence/Tours. Juste ça.
Mes amis sont formidables : en quelques minutes j'étais invitée partout. Moi, et mes miens. Je ne sais pas si mes amis réalisent.
Les hôtels sont réservés, j'ai tapé le numéro de ma carte.
Les vacances c'est au final une histoire de cartes et de taper.
La carte d'identité, la carte routière, la carte bleue et taper la cloche.
Je ne sais pas si on pourra s'arrêter voir les amis. D'abord parce que ce sont "mes" amis, et je ne sais pas si l'homme sera d'accord, ensuite parce que j'ignore réellement le temps qu'on va mettre entre chaque étape. Ma seule certitude est l'horaire du bateau.
Et les sacs de couchage sont en route, avec le filtre polarisant.
Ma seule certitude est que je compte les jours.
J'aime ça.
25.3.12
Voyage #4
L'euphorie du départ commence à m'atteindre. Je sens l'allant qui vient.
Il y a eu les cartes. Tu sais, ces bouts de plastiques bleus où il ne faut surtout pas sourire. La mienne a juste un an. L'autre datait de 1987. Sans doute qu'au lieu de me demander si c'est normal tous ces traits sur mon cou, comme ce matin, en regardant la photo de 87 ma fille aurait demandé si c'est normal tous ces boutons.
Pour faire les cartes, il faut remplir un dossier. En dehors du fait que tu te demandes si tu dois signer pour tes enfants, oui, et que tu ne dois pas dépasser les traits de la case en plus (quand tu connais ma signature et que tu vois la taille de la case y' a de quoi bloquer le plus déluré), bref, il faut aller faire les photos.
Les photos où tu ne dois pas sourire.
Ni porter de lunettes sauf si vraiment t'y vois que dalle et là alors il faut fixer devant toi.
Ni avoir de mèches sur le front.
Ni de bandeau pour tenir ta mèche tiens.
Les enfants riaient au début, mais le discours lénifiant de la voix synthétisée toute droite sortie de la machine contribue à te faire retrouver ton calme.
Et ton sérieux.
E ta triste mine.
Et puis, une fois que les photos sont faites, il faut les extraits d'acte de naissance. J+5 sur le net, en direct à la mairie du lieu de naissance. Fastoche.
Le dossier est parti. Les dossiers.
Et puis on a commencé à réfléchir couchage. Sac de. Et puis je suis allée voir. Alors je suis revenue avec des chaussures de marche et même des tongs.
Puisque ce matin, il faisait un temps que même le beau temps en rougit encore. Le printemps ça me fait ça. De l'effet pré-kiss-Corse.
Cet après-midi, je regardais la carte de la route pour "descendre".
Ça fait quand même une vache de route dis donc. 1200 et plus kilomètres. Avec une courte pause chez des amis. Juste le temps de fermer un oeil.
On va revenir de là grandis, hein mes petits?
Avant le départ, l'expo. Tu sais. J'ai choisi les photos. Une semaine avant c'est un record. Mais je ne les aurais en main que la veille de. Alors la veille de, j'aurais tout à mettre sous verre. Là, je penserais encore que je suis mal organisée, mais que au fond, j'aime ça, le coup de feu de l'événement.
L'expo 3 jours avant le grand voyage.
Et au retour du grand voyage, les élections. Le jour même.
J'espère qu'il fera beau.
Il y a eu les cartes. Tu sais, ces bouts de plastiques bleus où il ne faut surtout pas sourire. La mienne a juste un an. L'autre datait de 1987. Sans doute qu'au lieu de me demander si c'est normal tous ces traits sur mon cou, comme ce matin, en regardant la photo de 87 ma fille aurait demandé si c'est normal tous ces boutons.
Pour faire les cartes, il faut remplir un dossier. En dehors du fait que tu te demandes si tu dois signer pour tes enfants, oui, et que tu ne dois pas dépasser les traits de la case en plus (quand tu connais ma signature et que tu vois la taille de la case y' a de quoi bloquer le plus déluré), bref, il faut aller faire les photos.
Les photos où tu ne dois pas sourire.
Ni porter de lunettes sauf si vraiment t'y vois que dalle et là alors il faut fixer devant toi.
Ni avoir de mèches sur le front.
Ni de bandeau pour tenir ta mèche tiens.
Les enfants riaient au début, mais le discours lénifiant de la voix synthétisée toute droite sortie de la machine contribue à te faire retrouver ton calme.
Et ton sérieux.
E ta triste mine.
Et puis, une fois que les photos sont faites, il faut les extraits d'acte de naissance. J+5 sur le net, en direct à la mairie du lieu de naissance. Fastoche.
Le dossier est parti. Les dossiers.
Et puis on a commencé à réfléchir couchage. Sac de. Et puis je suis allée voir. Alors je suis revenue avec des chaussures de marche et même des tongs.
Puisque ce matin, il faisait un temps que même le beau temps en rougit encore. Le printemps ça me fait ça. De l'effet pré-kiss-Corse.
Cet après-midi, je regardais la carte de la route pour "descendre".
Ça fait quand même une vache de route dis donc. 1200 et plus kilomètres. Avec une courte pause chez des amis. Juste le temps de fermer un oeil.
On va revenir de là grandis, hein mes petits?
Avant le départ, l'expo. Tu sais. J'ai choisi les photos. Une semaine avant c'est un record. Mais je ne les aurais en main que la veille de. Alors la veille de, j'aurais tout à mettre sous verre. Là, je penserais encore que je suis mal organisée, mais que au fond, j'aime ça, le coup de feu de l'événement.
L'expo 3 jours avant le grand voyage.
Et au retour du grand voyage, les élections. Le jour même.
J'espère qu'il fera beau.
5.3.12
Voyage #3
On nous a parlé du voyage.
On nous a demandé si on avait préparé un peu.
On nous a proposé des lecteurs DVD pour le trajet en voiture, arme de dissuasion de disputes enfantines, peut-être. Et un sac de couchage qui fait lit. Pour l'hôtel.
Fut-un temps, j'aurais fait une liste. J'aurais prévu. Je me serais posé des questions. Sur la distance, le temps, la façon.
Je prévois pour les enfants. Obligé. Ça, on ne peut pas faire autrement, les enfants il faut leur donner des limites, une route, la voie.
Mais, je crois bien, qu'en dehors de la mécanique et des repas, des ustensiles et des habits, je ne prévois rien. Pas de plan de visite, pas de certitudes.
Je voudrais rouler, et laisser les choses, les paysages, les autres, les vues les bruits, les couleurs les lumières, la pluie et le soleil s'abattre sur moi. Je voudrais me laisser faire et emporter. J'espère être emportée.
Mais surtout ne rien prévoir. Les plans sont faits pour être défaits. Les routes sont faites pour être suivies et détournées. Les ponts sont faits pour être jetés entre deux rives et admirés. Prévoir, c'est s'imposer, se contraindre. Je ne veux plus. Je ne peux plus.
Chaque fois que j'ai prévu, quelque chose a déraillé. La surprise est-elle plus facile à gérer que les plans B?
La surprise maintient en vie, l'imprévu maintient vivant, aux aguets, l'aventure un peu, pour se faire bousculer.
Le premier outil du voyage sera de ne rien prévoir pour mieux se laisser émouvoir.
On nous a demandé si on avait préparé un peu.
On nous a proposé des lecteurs DVD pour le trajet en voiture, arme de dissuasion de disputes enfantines, peut-être. Et un sac de couchage qui fait lit. Pour l'hôtel.
Fut-un temps, j'aurais fait une liste. J'aurais prévu. Je me serais posé des questions. Sur la distance, le temps, la façon.
Je prévois pour les enfants. Obligé. Ça, on ne peut pas faire autrement, les enfants il faut leur donner des limites, une route, la voie.
Mais, je crois bien, qu'en dehors de la mécanique et des repas, des ustensiles et des habits, je ne prévois rien. Pas de plan de visite, pas de certitudes.
Je voudrais rouler, et laisser les choses, les paysages, les autres, les vues les bruits, les couleurs les lumières, la pluie et le soleil s'abattre sur moi. Je voudrais me laisser faire et emporter. J'espère être emportée.
Mais surtout ne rien prévoir. Les plans sont faits pour être défaits. Les routes sont faites pour être suivies et détournées. Les ponts sont faits pour être jetés entre deux rives et admirés. Prévoir, c'est s'imposer, se contraindre. Je ne veux plus. Je ne peux plus.
Chaque fois que j'ai prévu, quelque chose a déraillé. La surprise est-elle plus facile à gérer que les plans B?
La surprise maintient en vie, l'imprévu maintient vivant, aux aguets, l'aventure un peu, pour se faire bousculer.
Le premier outil du voyage sera de ne rien prévoir pour mieux se laisser émouvoir.
29.2.12
voyage#2
Ils en parlent depuis tellement longtemps.
La vigne dont les raisins se trouvent juste au bout des doigts en levant la tête, dans ce café, là, avec la petite vieille. Les pics qu'on grimpe, essoufflés, pour se faire dépasser par des petits jeunes lourdement harnachés. Les couleurs de la ville au soleil couchant. Les cochons qui se baladent en liberté.
Le caractère de l'habitant. "Ils sont comme ça".
Alors, évidemment, quand ils ont partagé la somme, il devait en rester pour le budget vacances, et les vacances, ce serait là-bas, comme s'il n'existait rien d'autre.
Sur le moment, je n'écoutais pas vraiment.
Il fut un temps où je n'avais la tête à rien, ou juste à dire oui, oui, pour qu'on me fiche la paix.
Et puis les billets sont arrivés. Ça devenait concret. Mais toujours pas pour moi.
Je vois les cartes, les guides verts, les atlas, je lis les noms, je vois des photos, mais c'est tellement loin.
Soudain je réalise que ma vie se joue des contraintes. Tout ce qu'on m'oblige, ce qu'on me dicte, je lutte contre. Indépendamment de ma volonté, c'est un fait, je constate que suivre la ligne qu'on me trace c'est pas pour moi.
Alors, ce voyage, sans le vouloir, je me dis que si j'avais pu choisir ce n'est pas là que je serais allée. Qu'avec la même somme, c'est l'Italie que j'aurais choisie. Une ville en Italie, une seule. Celle dont je rêve depuis des années, au point d'en acheter les guides, les compulser.
Mais ça, c'est mon mauvais côté qui s'exprime.
Au fond, je sais que c'est une chance de prendre le bateau pour l'île de beauté, que c'est une chance de partir en vacances, chose que nous n'avons pas fait depuis 7 ans, c'est une chance de partir.
C'est ça que j'aime le plus : partir.
Le voyage est dans ce mot là, partir.
En avril je vais partir.
Je vais partir, je vais partir, je vais partir...
La vigne dont les raisins se trouvent juste au bout des doigts en levant la tête, dans ce café, là, avec la petite vieille. Les pics qu'on grimpe, essoufflés, pour se faire dépasser par des petits jeunes lourdement harnachés. Les couleurs de la ville au soleil couchant. Les cochons qui se baladent en liberté.
Le caractère de l'habitant. "Ils sont comme ça".
Alors, évidemment, quand ils ont partagé la somme, il devait en rester pour le budget vacances, et les vacances, ce serait là-bas, comme s'il n'existait rien d'autre.
Sur le moment, je n'écoutais pas vraiment.
Il fut un temps où je n'avais la tête à rien, ou juste à dire oui, oui, pour qu'on me fiche la paix.
Et puis les billets sont arrivés. Ça devenait concret. Mais toujours pas pour moi.
Je vois les cartes, les guides verts, les atlas, je lis les noms, je vois des photos, mais c'est tellement loin.
Soudain je réalise que ma vie se joue des contraintes. Tout ce qu'on m'oblige, ce qu'on me dicte, je lutte contre. Indépendamment de ma volonté, c'est un fait, je constate que suivre la ligne qu'on me trace c'est pas pour moi.
Alors, ce voyage, sans le vouloir, je me dis que si j'avais pu choisir ce n'est pas là que je serais allée. Qu'avec la même somme, c'est l'Italie que j'aurais choisie. Une ville en Italie, une seule. Celle dont je rêve depuis des années, au point d'en acheter les guides, les compulser.
Mais ça, c'est mon mauvais côté qui s'exprime.
Au fond, je sais que c'est une chance de prendre le bateau pour l'île de beauté, que c'est une chance de partir en vacances, chose que nous n'avons pas fait depuis 7 ans, c'est une chance de partir.
C'est ça que j'aime le plus : partir.
Le voyage est dans ce mot là, partir.
En avril je vais partir.
Je vais partir, je vais partir, je vais partir...
28.2.12
Voyage#1
Le bateau sera jaune.
Jaune canari.
On arrivera sans doute à se frayer un chemin dans les voitures, on sera sûrement épuisés par les deux jours de route.
Un soir, je fermerai le coffre de la voiture qui sera plein de la valise mauve et de boites de conserves. J'attacherai les enfants à leurs siège, ils seront harnachés de tous les jouets possibles et imaginables pour tenir la distance.
Je ne sais pas la route.
Je ne sais rien de ce qui nous attends là-bas.
Je commence tout juste à en rêver.
Quand je tournerai la clé de contact pour rejoindre le lycée, ce sera pour rouler encore jusqu'à la nuit. Nous aurons réservé une chambre ou deux dans un hôtel miteux, nous aurons prévu les brosses à dents accessibles en haut des sacs, nous aurons prévu les pyjamas, et les bouteilles d'eau pour la soif.
Nous devrons lever les corps tôt le matin suivant.
Regarder la carte, suivre la route indiquée par ceux qui savent, ou bien non, choisir un itinéraire qui nous semblera plus rapide, ou plus simple. Nous ne savons pas la route.
Une autre nuit dans un hôtel autrement miteux, avec la douche dans le couloir. C'est à ce prix que peuvent se faire les départs. Peu importe le lit, pourvu qu'on ait le somme.
Une autre journée intensément longue, intensément curieuse, où nous ne saurons encore pas la route.
A chaque panneau je nous vois bien prêts à tourner, parce que nous serons attirés.
A chaque maison ocre, à chaque arbre centenaire, à chaque nom de ville familier à l'oreille, je nous sais prêts à hésiter, y aller, ou contourner?
Mais nous avons un horaire, un but, une destination qui ne dépend pas de nous, qui ne se décale pas, qui se lit sur un bout de papier.
Un rendez-vous.
Nice, 16H00.
Calvi, 20H00.
Le bateau sera jaune, je l'ai vu sur les photos.
Jaune canari.
On arrivera sans doute à se frayer un chemin dans les voitures, on sera sûrement épuisés par les deux jours de route.
Un soir, je fermerai le coffre de la voiture qui sera plein de la valise mauve et de boites de conserves. J'attacherai les enfants à leurs siège, ils seront harnachés de tous les jouets possibles et imaginables pour tenir la distance.
Je ne sais pas la route.
Je ne sais rien de ce qui nous attends là-bas.
Je commence tout juste à en rêver.
Quand je tournerai la clé de contact pour rejoindre le lycée, ce sera pour rouler encore jusqu'à la nuit. Nous aurons réservé une chambre ou deux dans un hôtel miteux, nous aurons prévu les brosses à dents accessibles en haut des sacs, nous aurons prévu les pyjamas, et les bouteilles d'eau pour la soif.
Nous devrons lever les corps tôt le matin suivant.
Regarder la carte, suivre la route indiquée par ceux qui savent, ou bien non, choisir un itinéraire qui nous semblera plus rapide, ou plus simple. Nous ne savons pas la route.
Une autre nuit dans un hôtel autrement miteux, avec la douche dans le couloir. C'est à ce prix que peuvent se faire les départs. Peu importe le lit, pourvu qu'on ait le somme.
Une autre journée intensément longue, intensément curieuse, où nous ne saurons encore pas la route.
A chaque panneau je nous vois bien prêts à tourner, parce que nous serons attirés.
A chaque maison ocre, à chaque arbre centenaire, à chaque nom de ville familier à l'oreille, je nous sais prêts à hésiter, y aller, ou contourner?
Mais nous avons un horaire, un but, une destination qui ne dépend pas de nous, qui ne se décale pas, qui se lit sur un bout de papier.
Un rendez-vous.
Nice, 16H00.
Calvi, 20H00.
Le bateau sera jaune, je l'ai vu sur les photos.
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