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2.11.11

Poète pouêt.


Je cherchais l'or de l'automne, je cherchais l'arbre.
Je cherchais l'ombre de la nuit, je cherchais ton âme.
Je cherchais quelqu'un, un passant ou toi,
Je cherchais où et vers quoi?


Il y avait la lumière du soir,
Il y avait l'ombre d'un espoir.
Il y avait la branche d'un saule
Il y avait les reflets de l'onde.


J'ai trouvé une porte, j'ai suivi un chemin
J'ai trouvé une feuille, j'ai lâché ta main
J'ai trouvé un abri, jusqu'au lendemain.
J'ai trouvé que sans toi, c'était pire que ça.



Alors j'ai roulé le métal
Alors j'ai cassé le pavé
Alors j'ai peint des montagnes
Alors j'ai craint la castagne.

Et de toi, j'ai gardé l'automne de la nuit.
Et d'un toit, j'ai fait mon abri.

Bon, ça casse pas trois pattes à un canard, mais je voulais accompagner mes pics. :-)



14.1.10

Celui qui sait.


Je ne le vois pas souvent.
Et pourtant c'est un homme qui compte dans ma vie.
Hier, je l'ai revu. Depuis octobre 2008 il n'a pas changé, c'est le même, pas plus vieux, à peine.
C'est un géant. Plus d'un mètre quatre vingt dix je pense. Assis en face de moi, je constate qu'il place ses jambes de travers sous la table, ses fesses au bord de son fauteuil pour que le haut de son dos puisse s'appuyer au dossier.
Il sait tout de moi.
Toujours un sourire ravi en me voyant, il me vouvoie, c'est normal, le contraire serait dangereux.
Il commence la conversation en me disant qu'il n'était pas sûr que je l'entende avec mes écouteurs aux oreilles, écouteurs que je viens d'oter et poser sur la table.
Ce faisant j'ai coupé la chique à Higelin, il ne m'en voudra pas je crois.
Il saisit alors mon engin tactile, manifeste son admiration, ses enfants ont le même et jouent à Dark Vador avec.
Il me pose des questions, comment ça va, je suis venue pourquoi déjà? ah oui!
En suis je bien sûre? c'est dommage, je suis jeune encore, allez, on va dire que c'est un arrêt ponctuel.
Il sait tout.
Mon poids, ma taille, la couleur de ma peau, celle de mes sous vêtements, il touche du doigt mon intimité la plus secrète, ma vie qui se résume pour lui à ce qu'elle a produit de plus beau, mes échecs, mes envies, mes projets.
Il regarde les photos de ma maison, de chez moi, il aime beaucoup, ne passe pas très loin souvent, je lui dis la prochaine fois...à l'occasion...
Je réalise que je ne sais rien de lui, sauf son sourire et la douceur de ses gestes, la couleur de sa peau et l'âge de ses enfants, c'est un ami, c'est un inconnu, c'est un homme qui parle aux femmes, toute la journée, qui les regarde, qui les admire, qui les touche du dehors et du dedans.
A peine un frisson quand j'enlève mes vêtements, à peine une idée qui me traverse l'esprit, je parle pour ne rien dire, il écoute pour ne rien ressentir...
Il sait tout de moi, mais rien au fond.
Et c'est mieux comme ça.