Se dire qu'on peut écrire sur n'importe quoi, mais que n'importe quoi ne fait pas écrire.
Avoir besoin des mots, des tiens, chaque jour, avoir besoin de dire, mais rester devant la page blanche, et en frémir.
Être touchée en plein coeur par un texte, une formule, un sens, une idée, ne pas savoir l'exprimer, y penser toute la journée.
Y revenir.
Comme d'une drogue, se nourrir de ces mots là, s'en repaître à s'en faire presque une indigestion. Presque. Parce que je digère très bien tes mots. Ils coulent en moi, comme la source d'eau fraîche à laquelle je viendrais m'abreuver chaque matin. Ils me réveillent. Ils m'inspirent. Ils me disent. Ils me disent peut-être plus que ce que tu veux dire, me dire?
Je repense à ces exercices l'année du bac de français, quand il fallait décortiquer phrase après phrase les mots d'un auteur. Et de dire: "l'auteur a voulu dire ceci". Je me souviens avoir pensé bien souvent: "mais qu'en sait-on de ce qu'il a voulu dire?"
Entre l'intention et le mot, entre le mot et son interprétation, une vie, ta vie, la mienne. Et autant de scenarii possibles.
Tes mots me touchent. Ils me parlent.
Est-ce parce que je suis comme toi? Est-ce parce que nous parlons le même langage? Est-ce parce que ton langage est universel? Est-ce ce que nous tairons?
Lire un mot, une histoire, imaginer l'auteur. La plupart du temps, l'auteur, je ne le connais pas. Même si je lui parle par mots dits, par mots écris, je ne le vois pas en vrai, il reste un mystère, une part d'ombre qui donne toute sa place à l'imagination. Oui, j'écris à des auteurs, quand je laisse un commentaire, de-ci delà, sur les blogs, ces fourmilières d'écri-vains-vants-vailleurs. Et parfois j'ai la chance qu'ils me répondent. Toi, tu me réponds, et toi, aussi. Merci.
Il m'est arrivé de voir des auteurs, en vrai. J'ai eu souvent la même impression que le jour où j'ai vu pour la première fois, le visage de la voix que j'entendais à la radio tous les midi. Jamais, jamais ce que je croyais ne correspondait à la réalité.
T'entendre, te voir...te lire.
Ce soir, même, avant de m'endormir, j'irai te relire. Tu sais où.
C'est mon rituel du soir, lire un auteur avant de dormir, alors pourquoi pas toi, puisque justement toi.
Et je sens bien, que tu me parles, le vent de ta voix dans mon oreille qui me susurre que ma nuit sera belle.
Tes mots me bercent, puisque tes mots sont.
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5.5.10
14.4.10
Ecrire.
Personne ne sait comme j'écris.
L'oiseau, là, dehors, celui qui joue toujours la même note, il ne le sait pas, il s'assourdit tellement de sa musique qu'il est aveugle, il ne voit pas derrière le carreau ce qui s'y passe.
La voisine, qui ne me voit pointer le nez que pour prendre un café terrasse ou la moto ou le courrier, ou des photos de fleurs, elle ne sait pas, que mes doigts travaillent à longueur de clavier.
La copine, celle qui envoie des mails, celle qui me parle à l'école, celle qui m'invite au café (oui, café terrasse, mais aussi café copine, j'aime le café), celle qui ne me reconnait pas à dos de moto, non, elle ne sait pas que mon emploi du temps c'est faire ce que j'ai à faire, mais d'abord écrire, même n'importe quoi, écrire.
La famille, le cercle petit, ceux qui sont autour de moi , me voient, trop peut-être, devant la machine, mais ils ne savent pas ce que j'y mets, ils ne me lisent pas, même s'ils en avaient envie, je ne sais pas si je dirais oui.
La famille, périphérique, la couronne, elle ne sait rien, mais rien, encore moins que rien. Peut-être un profil FB de ci de là, mais le blog, nan, ne sait pas.
En parlant de blog, j'y écris bien sûr, mais pas tous les jours, loin de là, vous le savez puisqu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil d'LVQA.`
Alors quoi? t'écris où?
Figure toi que j'ai Word, un truc qui te fait une belle page blanche qui ressemble à celle où tu pourrais lire des trucs. Si tu veux te croire écrivain, tu peux choisir la police que tu veux, des polices aux noms bizarres, à la forme épique, à la pointe acérée, ou au rond tout mou, tout doux, cela dépendrait presque de ton humeur du jour.
Voilà, maintenant j'écris sur Word et je ne publie pas le quart de ce que j'écris. Ou pas ici.
Un jour peut-être.
Juste pour dire, que parfois écrire c'est inside, c'est personnel, ça reste en dedans.
Ou alors j'écris et j'envoie à qui je veux, à qui de droit, un exercice, un moment, un plaisir, un partage, un échange, un dialogue muet de mots variés.
J'écris dans ma tête parfois, avant de le mettre en pixels, une phrase qui ressasse, un mot qui revient, desquels le reste s'invente, se raconte, se confie.
Ne pas écrire, ne pas avoir accès à cette page blanche avec le trait qui clignote, le trait magique, et je suis en manque. Un manque physique, qui me fait tourner en rond, me tordre les mains, ne plus réussir à réfléchir sur les choses du quotidien, ne pas écrire et c'est une obsession qui s'installe, je n'avais peut-être rien à dire, mais c'est comme s'il y avait péril.
Je reste immobile, on me parle je ne réponds pas, je note le chant de l'oiseau, la douceur de l'herbe, la couleur du ciel et le vent sur mon visage, je le note mais tant qu'il ne figure pas sur la feuille, il m'obnubile, comme la vague qui revient toujours, marée haute ou basse, la vague est toujours là.
Et je n'avance plus.
Alors je me sauve de moi-même en me convaincant que je n'oublierai pas la phrase qui est là, le mot qui s'imprime, je me console en remettant à demain cette seule chose que je veux faire le jour même, et aucun mot n'est irremplaçable, tout peut encore arriver, la patience est un art, un talent, una qualité rare.
Cultivons, cultivons la patience.
Et vous? écrire?
L'oiseau, là, dehors, celui qui joue toujours la même note, il ne le sait pas, il s'assourdit tellement de sa musique qu'il est aveugle, il ne voit pas derrière le carreau ce qui s'y passe.
La voisine, qui ne me voit pointer le nez que pour prendre un café terrasse ou la moto ou le courrier, ou des photos de fleurs, elle ne sait pas, que mes doigts travaillent à longueur de clavier.
La copine, celle qui envoie des mails, celle qui me parle à l'école, celle qui m'invite au café (oui, café terrasse, mais aussi café copine, j'aime le café), celle qui ne me reconnait pas à dos de moto, non, elle ne sait pas que mon emploi du temps c'est faire ce que j'ai à faire, mais d'abord écrire, même n'importe quoi, écrire.
La famille, le cercle petit, ceux qui sont autour de moi , me voient, trop peut-être, devant la machine, mais ils ne savent pas ce que j'y mets, ils ne me lisent pas, même s'ils en avaient envie, je ne sais pas si je dirais oui.
La famille, périphérique, la couronne, elle ne sait rien, mais rien, encore moins que rien. Peut-être un profil FB de ci de là, mais le blog, nan, ne sait pas.
En parlant de blog, j'y écris bien sûr, mais pas tous les jours, loin de là, vous le savez puisqu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil d'LVQA.`
Alors quoi? t'écris où?
Figure toi que j'ai Word, un truc qui te fait une belle page blanche qui ressemble à celle où tu pourrais lire des trucs. Si tu veux te croire écrivain, tu peux choisir la police que tu veux, des polices aux noms bizarres, à la forme épique, à la pointe acérée, ou au rond tout mou, tout doux, cela dépendrait presque de ton humeur du jour.
Voilà, maintenant j'écris sur Word et je ne publie pas le quart de ce que j'écris. Ou pas ici.
Un jour peut-être.
Juste pour dire, que parfois écrire c'est inside, c'est personnel, ça reste en dedans.
Ou alors j'écris et j'envoie à qui je veux, à qui de droit, un exercice, un moment, un plaisir, un partage, un échange, un dialogue muet de mots variés.
J'écris dans ma tête parfois, avant de le mettre en pixels, une phrase qui ressasse, un mot qui revient, desquels le reste s'invente, se raconte, se confie.
Ne pas écrire, ne pas avoir accès à cette page blanche avec le trait qui clignote, le trait magique, et je suis en manque. Un manque physique, qui me fait tourner en rond, me tordre les mains, ne plus réussir à réfléchir sur les choses du quotidien, ne pas écrire et c'est une obsession qui s'installe, je n'avais peut-être rien à dire, mais c'est comme s'il y avait péril.
Je reste immobile, on me parle je ne réponds pas, je note le chant de l'oiseau, la douceur de l'herbe, la couleur du ciel et le vent sur mon visage, je le note mais tant qu'il ne figure pas sur la feuille, il m'obnubile, comme la vague qui revient toujours, marée haute ou basse, la vague est toujours là.
Et je n'avance plus.
Alors je me sauve de moi-même en me convaincant que je n'oublierai pas la phrase qui est là, le mot qui s'imprime, je me console en remettant à demain cette seule chose que je veux faire le jour même, et aucun mot n'est irremplaçable, tout peut encore arriver, la patience est un art, un talent, una qualité rare.
Cultivons, cultivons la patience.
Et vous? écrire?
26.1.10
Paint, peint, peinture, brou, encre, huile...
Ta toile a été blanche. Elle est tissée de lin ou de coton, tu l'as tendue sur un châssis de bois clair, biseauté pour ne pas casser, aux coins parfaits pour une ligne droite, lisse, qui n'influencera le dessin que pour sa fiabilité.
Tu l'as enduite de Gesso, qui a imbibé le tissage, qui permettra la trace du crayon puis du pinceau, de l'huile, enfin.
La boite est neuve, elle brille de son vernis pas encore écaillé, elle comporte un ensemble de couleurs, comme tu aimes, du brut, du primaire, la base pour tout faire, quand tu auras un tant soit peu le sens d'entre elles, leur mélange.
Ton but ce soir, partir de la toile blanche pour imaginer quelque chose, un dessin, connu ou pas, partir de telle oeuvre ou de telle idée, ou pas.
Ce soir là, j'ai choisi "ou pas".
Je me suis dit, matière, couleur, pinceau.
Pinceau Raphaël, poils de martre, en deux couleurs, arrondi sur les cotés. Doux au doigt, caresse sur la toile.
J'ai pris mon crayon, j'ai dessiné des lignes, puis des cubes, des triangles et enfin des ronds. Repartir du début, des bases, maternelle de l'huile.
Faut que je vous dise.
J'ai tenté le pastel, une fois, c'était tellement moche...
Et puis les exercices, à l'encre, au brou de noix, à n'importe quoi qui trace, qui dessine, qui représente ou qui tache en forme de quelque chose ou de rien, juste pour voir l'effet produit.
J'aime l'encre, le crayon, les coulures, le "déteint".
Mais rien, rien ne me plaît autant que l'huile.
Tu prends ton tube, du rouge, Carmin, couleur que j'adore, "ma" couleur, tu presses la base, tu vois la pâte sortir, tu l'apposes sur ce qui te sert de palette, tu prends le "couteau" à mélanger, un peu souple, tu écrases la peinture que tu mélanges au médium, à savoir pour la première couche de la thérébentine pure ou deux tiers thérébentine/ un tiers d'huile de lin.
Tu tentes de ne pas trop étaler la couleur, tu sais la valeur du pigment.
Tu saisis alors ton pinceau que tu ne te lasses pas de toucher du doigt le poil tant il est doux.
Et tu trempes dans la couleur.
Et tu appliques sur la toile encore vierge.
Tu admires alors la matière, lisse, brillante, glissante, souple...tu te dis que tu peux tout faire, mais comme tu as déjà essayé une fois et que ça ne t'a pas plu, tu restes modeste, et tu fais des va et vient sur la toile qui s'imprègne peu à peu de la couleur. Et surtout, tu ne te lasses pas, oui, je ne me lasse pas, jamais, de glisser, de caresser, d'oindre (moche mot, mais...), de masser, de lisser, de voluptueusement évoluer...
Tu t'es dit, matière couleur et pinceau.
Le rond n'est pas parfait, mais c'est le pinceau qui l'a fait. Et c'est ce que tu veux; utiliser le pinceau pour tracer tes formes. Et il fait de beaux ronds ce pinceau, d'un seul geste, tu le poses debout et tu lui fait faire un tour sur lui même, comme la danseuse avec ses pointes, mais c'est beaucoup moins douloureux, puisque c'est du poil sur de la toile, alors c'est du plaisir.
Tu ne sais pas si tu tires un peu la langue, appliquée, non, tu ne crois pas, tu as grandi depuis l'enfance, mais tu es concentrée, les conversations ne t'atteignent pas.
Tu fais tes ronds, comme tu marcherais dans la campagne, ou comme tu fais tes brasses dans les couloirs de la piscine.
Pas de règle, pas de compas, de la géométrie littéraire, les formes comme les mots, jouer.
De temps en temps, tu lèves le nez, pour reculer, voir ce que tu as fait, imaginer la suite, parce que je suis bien incapable de faire un plan dès le départ, j'ai juste une idée, une ligne, devrais-je dire un fantasme?
Enfin, voilà, je peins, je paint, je peinture, je ne me plains pas, cela me plaît. Et tant que cela ne fera souffrir que moi, je peinturlurerai encore.
Turlututu.
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