30.5.11

Les maisons pas comme les autres.




Les maisons courant d’air, les maisons moulins, les maisons vides, les maisons tristes.
Et puis les maisons fenêtres, les maisons murs, les maisons portes.
On peut aussi trouver des maisons de guingois, des maisons hautes et des maisons basses.
Et encore les maisons souvenirs.
Il y a ta maison, celle de tes parents, et pourquoi pas des grands-parents.
Tu traverses beaucoup de maisons dans ta vie.
Tu y passes, tu y dors, tu en oublies, parfois tu tentes aussi de les retenir.
Chaque lieu est marqué d’une maison.
Celle de ces vacances avec des amis quand tu étais gamine. Celle de ta grand-mère dont les pierres feront partie de celle de tes parents. Celle d’une autre grand-mère devant laquelle tu passes, mais qui ne t’appartient plus, alors que tu y a tes marques. De toute façon ce serait trop difficile d’y retrouver l’âme de tes rires, de tes Noëls, des bruits de tes pas sur les marches de bois.
Ta maison. Celle dont tu connais chaque étape de montage, comme un jeu de construction participatif dont tu connais toutes les arcanes. Les maisons qui se trouvent de nouveaux habitants, là-bas, loin dans les montagnes. Maison que tu vois en pièces détachées, dont tu devines le futur bonheur.
Les maisons de tes amis.
Il y en a une que tu commences à connaître comme ta poche.
C’est une maison lumineuse, où tout le monde circule librement. Tout est à porté, rien n’est caché. Les portes des armoires peuvent toutes être ouvertes, si tu voulais tu saurais chaque secret. Mais tu ne le feras jamais, parce que le respect, et puis comme une confiance infinie. Tu y laisserais tes enfants. D’ailleurs, où sont-ils ? En train de piller la boîte aux crayons ? Dessiner sur un livre, le goûter au point de le mâcher ? Ou bien, sont-ils au jardin à taper dans la balle ?
Toi, tu es bien.
Tu sais où sont les verres et les couverts, tu finiras par ne pas oublier que la porte du lave-vaisselle dégringole comme une pierre plate qui oublie son parachute, tu sais trouver les serviettes de bain pour la douche des petits, à force, tu ne demanderas plus. Enfin, si peut-être, le mode d’emploi du garage où finalement tout est. Si tu ne trouves pas, c’est là-bas, c’est sûr, comme un grenier aux trésors enfouis. Parce que l’essentiel est au bout de ta main, devant toi.
C’est comme un ballet.
Tu entres dans le salon par la baie vitrée, tu prends les assiettes dans le placard, tu croises l’ami qui en sort avec les verres, tu passes dans la cuisine où un autre ami épluche, tu ressors par la porte de ladite cuisine et tu te retrouves face au barbecue fumant, tenu par ton homme, enfin tu poses tes plats sur la table des enfants, sous le parasol. Il fait beau.


La porte de la salle de jeu ouverte sur la terrasse laisse passer le son du dessin animé alors que tu verses le Pineau-des-Charentes, fraîchement revenu des vacances dont tu viens de voir quelques photos sur l’appareil qui était tien, avant.  Tu es contente, parce que les photos sont belles, tout fonctionne.
Soudain, tu réalises que tous les acteurs de la danse dans la maison aux mille portes, où tout est ouvert à l’amitié, tous tes amis et les tiens sont là, à porté de main, de voix, de regards.
Il y a le soleil qui chauffe ton dos.
Même s’il grêlait, tu n’aurais pas froid. 
C'est l'instant.



27.5.11

Lire ou écrire? Juste se nourrir... (de la tête aux pieds, ah ah ah)

Depuis que j’ai lancé cette question rhétorique dans le dernier billet : Lire est aussi important qu’écrire, n'est-ce pas?  La question continue de me trotter en tête.
J’avoue avoir été surprise de la réponse de Jack, qui dit que non, rien de plus important qu’écrire.
Et, tournait dans ma tête cette question : pourrais-je me passer de lire?

Quand j’étais petite, à l’école, on remplissait des fiches, profession des parents, etc… Et toujours la question : Activités  pratiquées.
J’aurais pu dire Karaté, ou bien musique, ou course à pieds. J’aurais pu dire n’importe quoi, ils ne vérifient pas, mais je marquais simplement : lecture.
Ça paraissait bête aux yeux des autres. Je cachais ma fiche derrière ma main, j’avais peur qu’on me prenne pour une andouille, une inadaptée sociale.
Et pourquoi pas ? me dis-je à présent.
Nos déménagements successifs ne m’ont pas aidée à m’intégrer facilement où que j’aille, j’ai toujours été un peu sauvage. Et pourtant je n’étais jamais seule.
Un jour, en CM2, j’ai pris un livre dans la classe de M. Blanc, « Le Lion » de Kessel.
Avant, je lisais déjà toutes les bibliothèques vertes, les « Alice », avec sa décapotable bleue,  « Langelot » l’agent secret, et des tas d’autres, parlant d’aventures, d’enquêtes, tout ce qui me tenait en haleine.
Mais « Le lion » est mon premier vrai roman, je crois. Je me souviens m’être sentie aussi triste que l’héroïne, rêvant d’avoir un lion comme animal de compagnie. C’est la première fois que je prenais la liberté de m’exclure des autres, que j’ai lu pendant la récré. Il ne pouvait plus rien m’arriver. J’étais dans le livre, dans les mots, la sonnerie qui me faisait retourner en cours me sortait du monde que je découvrais sur mes genoux, entre mes doigts des pages de trésors, de découvertes.
Les trois années passées au collège et j’ai lu tous les bouquins du CDI. Peut-être qu’il n’était pas si grand, mais je sais qu’à la fin je n’y trouvais plus mon compte.
A la maison, quand nous sommes revenus de l’île aux Paille-en-queues, nous allions le samedi le plus souvent, à la librairie. Et nous revenions les bras chargés, à nous battre pour avoir qui lirait tel livre le premier, on donnait des tours. Nous continuons encore, à nous faire des échanges de livres. Pas Un livre, non, des sacs de livres. Ce qui reste mystérieux à mon homme, cette frénésie d’échange, des livres de ma sœur en série, de mes parents idem, et les trous de ma bibliothèque quand tous les Connelly disparaissent d’un coup pour la maison parentale. Parce que nous lisons aveuglément, si j’ose dire. Nous sommes des livrophage, on dévore.
Parfois, je voudrais lire moins vite. Parce que finir un livre, c’est comme perdre quelque chose avant de le gagner. C’est le deuil et la rupture. C’est l’absence et le manque. Alors, il m’arrive de choisir un livre à son poids. Plus c’est lourd, mieux c’est. Pendant longtemps je détestais les « nouvelles ». Trop court. Pas le temps d’entrer dans la maison qu’on en sort déjà. J’ai toujours du mal avec ce genre littéraire d’ailleurs.
Alors oui, je confirme, lire est aussi important qu’écrire. C’est indispensable.
C’est comme si on se mettait à table à plusieurs. Les plats sont apportés, posés devant nous, nous admirons d’abord, ce qui pourrait être notre oeuvre, tiens, c’est moi qui ai fait le gâteau, et puis nous portons à nos lèvres la nourriture ainsi offerte. C’est bon. Souvent, on identifie le plat et le goût est conforme à notre attente. Les plats sont nombreux, on ne s’empêche pas de grappiller dans l’assiette du voisin, pour voir si c’est bon aussi. Là, on est surpris. On se demande quel est l’ingrédient qui fait la différence. Le petit truc. On cherchera à la maison, peut-être, à retrouver ce goût si particulier qui nous a enchanté. On n’y parviendra pas. Le goût appartient au cuisinier.
A d’autres moments le plat  est si fort en saveurs, qu’on ne peut plus rien avaler après. Notre palais est bouleversé. Transformé dans ses habitudes. Il a besoin d’être éduqué pour comprendre. Il n’y a pas un, mais mille ingrédients secrets. On n’oubliera jamais ce mets-là.
A la fin du banquet, on est repu.  On a appris beaucoup, découvert autant, il faut digérer à présent. Décanter. Laisser poser.
Il en va ainsi des livres. Une nourriture, des plats, des saveurs, des titillements, des étonnements. Impossible de cesser de m’en nourrir. Impossible de ne pas admirer, m’enthousiasmer, adorer.
Tanakia met un lien dans son commentaire...Très bon article de P. Assouline, à lire . Les librairies canapés...comme Dialogues! 

J’étais lectrice avant d’écrire. Les deux sont indispensables et indissociables.



25.5.11

Un soir...

Le soir, souvent, on essaye de regarder un film. On en a plein des films. Des déjà vus, des pas encore vus, des anonymes enregistrés sur une soirée trop tardive, ou bien parce qu’on a égaré le crayon, et ceux qu’on rapporte d’ailleurs. On aime.
On espère que les enfants dorment.
On espère que la pluie ne crépitera pas trop fort sur les fenêtres.
On espère que le film sera bien. On s’interroge.
Puis y a des soirs où on choisi la facilité. Une série de ci de là.  Avec la coupure pub idoine pour que j’aille façonner le pain et une deuxième pour que j’aille enfourner.
Un vrai film, c’est dur d’interrompre, de mettre sur pause, le temps d’avoir les mains pleines de farine.
Alors parfois, on sait que le matin, ce sera crêpes.
On s’assoit. On regarde un film anonyme, et on voit le titre s’afficher. On se demande. Et puis on reconnaît le nom de tel ou tel acteur. On se dit chouette. J’aime bien Tommy Lee Jones par exemple. J’ai confiance. Clint Eastwood aussi, bien sûr. Des films où l’humain mène la trame.
Ce soir, on fait exception.
D’abord, il n’y a pas de pain à faire, et puis on n’est pas tombés tout de suite sur un film qui nous parlait.
Dans le ciel, les nuages s’amoncellent, pleuvra t-il demain ? Ce ne serait pas un mal, il fait si sec. Ils le disent bien à la météo, que ce soit à la télé ou à la radio. Cette météo si mal fagotée que ça devient un sujet de plaisanterie entre nous. A la radio, on ne sait pas comment est habillée la voix. On devine les images, on réapprend sa géographie. On se situe à l’ouest, ce bout de monde à part, si souvent caché par une paire de seins.
Avant, j’écoutais parfois la météo marine. Du temps de Marie Pierre Planchon. Qui n’est plus à la météo je crois. J’aimais ça, comme une chanson. Je ne comprenais pas tout. Fox time et dogger, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire, mes leçons sont restées au fronts chauds et froids, je comprends le vent de terre et les beauforts, mais les nœuds m’emmêlent.
Ce soir, donc, pas de film.
Il se trouve que je suis accrochée à un livre depuis hier soir, il ne me lâche plus, je l’ai même pris à la plage, écoutant le son des vagues et des mouettes, la voix de celui que j’aime et des enfants d’un air distrait, entre deux pages où des grains de sable coulaient parfois. C’est que les petits pieds enfantins balaient vite et loin.
C’était l’autre jour dans la librairie folle, celle qui pousse aux folies plutôt, au fait les canapés n’y sont plus bleus mais jaunes et je n’ai pas vu de table Le Corbusier, l’autre jour quand je me suis ruinée à acheter 5 livres.
Oui, j’ai choisi presque au hasard, la couverture, le titre, ou le bref résumé. Aucun ouï-dire ne m’a guidée.  J’ai fait au hasard, comme j’aimerais faire à chaque fois, avec le luxe de ne pas regarder le prix, juste me contenter de l’apparence et de quelques mots.
Là, je lis « si vous recevez cette lettre » de Sarah Blake. Paraît que c’est un best-seller.
Je l’ai commencé hier soir, j’en suis à la page 236 et ce soir je ne regarderai pas de film.
Non, le film est dans les mots que je lis. C’est en 1940. Entre Londres et l’Amérique. Et tous les pays traversés des hordes de « réfugiés » qui ne sont à l’abri de rien, à la merci de la peur et de la mort qui les attends, mais ils ne savent pas encore. C’est une journaliste de radio en quête de vérité, une receveuse des postes amoureuse et consciencieuse et la femme d’un médecin. 
La journaliste me plaît beaucoup. La postière aussi.  Je plains la femme du médecin. Je ne la connais pas encore, je ne sais rien de son passé, ni de celui des autres, mais elles sont tellement ancrées dans la réalité.
Ce soir, je voyage avec Frankie Bard, qui enregistre sur son magnétophone de 15 kg qu'elle trimballe d'un train à l'autre, des voix humaines qu’elle croise dans le train en Europe, le train qu’elle prend pendant ses deux semaines de visa, elle n’a pas de destination autre que celle de faire parler les gens sur le temps de 90 mn dont elle dispose sur ses bandes, des voix dont elle voit la mort en direct, ou dont elle ose à peine se demander le destin. Elle n’a plus que quatre jours de visa à l’heure où j’en suis. La page plutôt.
Lire est aussi important que d’écrire n’est-ce pas ?


21.5.11

Ambiance (l'après-midi)

Ambiance (le premier est sur tumblr, oui, je sais que je ne simplifie pas les choses).


Ainsi donc, j'ai un peu la chair de poule au contact de l'air frais qui entre dans l'ombre du salon.
Je parle beaucoup de poils décidément dans ces ambiances, se peut-il que mon premier contact avec la vie soit révélé par ma réaction pilositaire? poilesque? comment dit-on?
Bref, je frissonne alors que dehors le soleil cogne.
Le chat de la maisonnée appelle de son gloussement de gorge ses chatons, que nous tentons de laisser dehors, sur ou sous la terrasse, à eux de voir, le temps de leur apprentissage de la propreté. Mes chatons à moi étant encore au stade éducatif de celle-ci depuis 9 ans. (Quant à la mienne, elle est restée au stade larvaire, avec parfois un sursaut lorsque du monde vient à passer, et avec mon activité c'est tous les jours, imaginez mon désarroi).
La baie vitrée est grande ouverte, ce serait dommage en effet de ne pas profiter de ce printemps torride, un samedi après-midi quiet, alors que ce soir, nous n'avons personne de prévu.
Sur le fil à linge néanmoins, sèche une couette à plumes, et de grandes serviettes de bain bleues. C'est fête pour le linge, il sera rêche comme j'aime, parfumé de pollens, comme j'aime moins, et écolo, comme j'adore.
Parler du linge, je te jure, en voilà un sujet intéressant.
Non, imagine plutôt que non loin de ce vol au vent d'un drap qui claque, un hamac brésilien de belle facture et de bons amis, s'accroche aux eucalyptus quinquennaux, comme si on avait planifié ce hamac un jour, et que deux pieds en dépassent. Ceux de grande fille. A l'opposé des pieds, un coin de livre, une bande dessinée semble t-il.
Quelles aventures lit-elle? Celles d'un chevalier Ardent qui me faisaient rêver petite? ou bien Blutch et Chesterfield? Entend-elle l'oiseau lancer sa trille? Rien n'est moins sûr, car deux maisons plus loin, un voisin s'entraîne.
A vrai dire, notre maison est entourée de Bruits du Samedi. 
Le plus courant est celui d'une tondeuse, mais vu la taille des jardin ici, il arrive que ce soit de ces petits tracteurs, que les enfants prennent pour apprendre à conduire.
C'est qu'à la campagne, on sait bien qu'on ne tond pas le dimanche. Enfin, on essaye. Les autres jours, on travaille. Alors les samedis bruissent de moteurs en tout genre.
Et l'odeur s'élève, prégnante, celle de l'herbe fraîchement coupée. 
Moi, je ne tond pas, notre engin est lourd, notre jardin est tout sauf en angles droits, et lignes régulières, loin des pelouses de Wimbledon, il faut onduler, bifurquer, virer à droite comme à gauche, et vraiment, j'y passerais de trop longues heures pour ne pas finir par tout raser, de lassitude. Je l'ai fait avec l'ancienne tondeuse pourtant (pas raser, mais la passer), un petit machin tout léger, et ce jour-là, je portais ma dernière fille sur le dos. Elle n'avait pas un an, et l'écharpe était en sac à dos. J'ai senti rapidement la tête enfantine dodeliner et finalement se poser avec un petit poc, sur le haut de mon dos, entre mes deux omoplates. Elle a dormi comme une bienheureuse, et je ne pouvais cesser le bruit de la tondeuse de peur de la réveiller. N'est on pas prêt à tous les sacrifices pour que l'enfant dorme?
L'autre bruit qu'on entend, concurrence celui de la grosse tondeuse du voisin de gauche.
Ici, c'est la Bretagne. Qui dit Bretagne dit identité. Si vous en savez un tant soit peu sur la culture bretonne, vous savez aussi qu'il est impossible de passer à côté de la culture musicale. Et dans ce pays-ci, tout particulièrement, des pointures. En fait, si tu veux faire du piano ou de la flûte traversière, passe ton chemin, tu ne trouveras point.
A vrai dire, au bout de ma route, celui qui a écrit ceci, vit :


"Les pommiers fleuris du printemps
Et la grêle de temps en temps
Sur les talus la blanche épine
La tige fine qui s'incline
Les ajoncs de La Roche-Bernard
Beauté prise dans un regard


Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir


L'abeille sur le liseron blanc
Et en surface d'océan
L'évanouissement des vagues
L'ombre d'un chemin qui zigzague
La graine des genêts craquant
En plein midi au bord des champs


Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir


Les bruines de l'arrière-saison
Voilant des ports sans horizon
Une sirène qui résonne
Portant mélancolie d'automne
Le galop fou du vent salé
Sur l'infini des monts d'Arrée


Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir


L'onglet du pecheur étripant
Le poisson sur le pont glissant
L'alignement mégalithique
Que fait reluire la pluie oblique
Et un peu de neige parfois
Qui blanchit l'ardoise des toits


Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir


Dans la beauté"


Alors, tu devines bien ce que l'air entraîne jusqu'aux demeures les plus sombres et les plus lointaines, les plus lumineuses et les plus proches?
Un air de biniou sinon rien.
J'aime la volatilité de cette musique aérienne d'un samedi de mai. Elle arrive et s'échappe, frivole et joueuse, comme un papillon qui se pose et s'envole, loin.
Et dans tout ce bruit, ce vacarme, règne une harmonie. 
J'ai oublié pourtant, le son de mon carillon. Un petit, trop petit, le son est encore un peu aigu pour me satisfaire, en bambou, des tronçons affûtés de 6 ou 7 tailles en ordre décroissant, qui s'amusent à titiller la boule de bois qui sème le trouble au milieu d'eux.
Voilà que je réalise que je ne sais pas photographier les sons. 
Tiens, les petits pas sur le plancher m'annoncent le réveil de la poulette. Celle qui s'endormait sur mon dos. Comme je le devine, c'est le silence de la tondeuse enfin rentrée et celui de mon joueur de biniou, sans doute fatigué, qui ont ouvert les yeux de la belle endormie. 

Mes mots se taisent, à bientôt...