Quelque part dans le monde, en Afrique du nord sans doute, il y a une tombe.
Un jour, une famille se tenait autour, le jour où le ciel était encore gris de la peinture des avions de guerre, les champs déserts, sans assez de mains pour en faire naitre la vie, et les ventres creux, de ceux qui n'ont plus rien, et encore moins que rien car ils viennent de perdre leur enfant.
Sans doute que leur belle maison leur a paru dérisoire, sans doute qu'il sont eu du mal à se cacher pour pleurer, néanmoins je suis sûre qu'ils se sont dissimulés, c'est comme ça qu'on faisait.
Un jour, cette famille a quitté la terre africaine pour rejoindre la France, laissant derrière elle cette tombe, l'endroit où ils venaient se recueillir parfois.
Ils n'y sont jamais retournés.
Dans leur coeur subsistait le souvenir, celui de l'enfant dont la perte était si grande qu'on souhaiterait l'oublier sachant que c'est impossible, alors on en a gardé les rires. Ils ont pensé à elle toute leur vie. Jusqu'à leur mort à eux.
Ils ont été enterrés, le père et la mère, plus de 50 et presque 60 ans après leur enfant. Ils reposent ensemble, leurs noms figurent sur la même pierre tombale. C'était son souhait à elle, après avoir pensé à l'incinération, de finalement venir dans le même lit que celui qui avait partagé sa vie. Eux deux avaient aimé, s'étaient aimés, avaient connu la mort, dont celle qui nous insupporte.
Le jour de son mariage, leur petite-fille est venu les voir. Tous les deux allongés là, sous la pierre rose, heureuse de leur dire la vie, la sienne, ses envies, ses souhaits, le tout dans une seule et unique respiration essoufflée, un mot pour en dire cent, un sourire pour en dire mille, un élan pour dire tout.
Elle a descendu le cimetière un peu plus bas pour dire le même sentiment à ses autres grand-parents, dont tous les enfants sont encore vivants.
Elle se dit à présent, des années plus tard, qu'elle est bien heureuse de pouvoir aller là quand elle veut. Il suffit qu'elle le veuille. La pensée même l'y conduit, elle connaît la route. Quand elle y va vraiment, elle est saisie de la proximité de son histoire. Ils sont tous là, ceux qu'elle a connu. Ils demeurent dans ses pensées, cela pourrait être assez, mais non, la dimension de marcher dans leurs pas, de voir le paysage qu'ils ont connu par coeur, peut-être même en ont ils marre de voir le même pour l'éternité, mais elle en doute, ils aimaient trop cette terre, la dimension de ses pas dans les leurs a son importance.
Elle a une conscience aiguë de ses racines. Elle qui aime tant partir. Sans doute parce qu'elle sait d'où elle vient et où elle peut revenir.
Elle se souvient s'être moquée de son père, n'avoir pas compris la notion de "maison de famille", rire de cette manie de vouloir être "de là", plutôt que "d'ailleurs". Elle disait, je suis de partout, partout où je vais je suis, je m'adapte, peu importe le reste. Il lui suffisait de transporter un fauteuil, un tapis, et elle était chez elle.
Mais depuis quelques temps, elle se pose la question de savoir où.
Où?
Où veut-elle être enterrée?
Où veut-elle avoir son nom pour qu'on sache où elle est?
Parce que ce petit enfant mort en Afrique du nord, à quoi ressemble sa tombe? Où est-elle? Ceux qui portaient le souvenir du lieu sont morts avant qu'on ait pensé à leur demander.
Une carte géographique des lieux de nos morts.
On oublie jamais ceux qu'on a aimé. Mais n'est ce pas important de pouvoir aussi rendre visite? Le souvenir suffit-il?
Aujourd'hui je voudrais bien savoir où il est cet enfant là. Juste pour mémoire, savoir qu'on ne l'a pas oublié, même ceux d'après. Il fait partie de la famille par son absence. Il a fait changer le sens des choses après sa mort. Il est un des rouages de la famille.
Et ceux qui comme moi, ont une vie dont les horizons sont sortis du village, dont les repères sont loin, égarés, est-ce que je vais vouloir rester près des terres d'origine ou bien rester là où je serais partie?
Sans doute que le lieu a un sens quand on y a passé une partie de sa vie. Le lieu d'origine, je le fréquente encore, même plus souvent qu'avant. On y retourne tous. Je ne voudrais pas y vivre, mais je m'y sens "chez moi", au-delà de ce que j'en connais. Ici, là où je vis, je suis une étrangère. Une non-native.
Est-ce que dans 50 ans ça aura changé?
Est-ce que je voudrais reposer dans ce lieu anonyme où je ne connais personne mais où j'ai fondé mon foyer, ou bien...
Ou bien, l'eau va couler longtemps sous les ponts avant que j'ai envie de me reposer la question de mon repos!!
Un jour, je serais peut-être d'un ailleurs où je me sentirais encore mieux chez moi.
Je m'en pose des questions pour un dimanche soir...
Et toi, tu as réfléchi à ça?
10.6.12
6.6.12
La boite à bulles
J'étais dans ma bulle. Inaccessible aux nouvelles du monde, intouchable. Mon foyer était mon coeur de vie, mon rempart.
Depuis que je sors de ce monde virtuel que j'aime, que je revois les gens, qu'ils m'entourent et que je les écoute, ma vie a changé.
Il y a bien ces questions que je pose. La réponse est souvent convenue. Je ferme mon carnet dès que j'ai les dates, les horaires, je laisse le crayon marquer la page et je passe l'élastique noir autour de mon moleskine prout prout mais ultra-pratique que j'aime.
Suit un silence, comme s'ils pensent que je suis prête à partir. D'ailleurs je suis assise sur le bord des chaises, penchée en avant, comme si. Mais la personne te regarde, et elle fini par parler, parler vraiment. Comme quand tu dis au revoir à tes amis sur le pas de la porte, il y a urgence à dire les choses qu'on a oublié de se raconter, les faux-départs qui durent aussi longtemps que si tu étais restée assise au salon avec eux.
Les choses les plus intéressantes que j'apprends ne sont pas celles que je note aux yeux et au vu de tous. Non. C'est tout ce qui entoure la question, qui sont cachées derrière les lèvres closes et les convenances. Les détails de vie, la confiance qu'on t'accorde alors même qu'on ne te connait pas.
Alors, tu rentres chez toi parfois avec plus de questions encore. Je monte un escalier qui n'a pas de fin, je rentre dans les caves où se cachent les meilleurs crus, je vois les plafonds avec les plus grosses toiles d'araignées.
Je compose, je respecte, je tais ou je dis, le jugement m'appartient de décider ce qui pourra être lu, ou pas.
J'entre dans les vies des gens et elles entrent dans la mienne.
Lundi soir j'apprenais le décès de quelqu'un que je ne connaissais pas. Mardi matin, je cherchais à pouvoir en dire sur lui, car il était connu de tous ici. Mercredi je rencontrais un ami de lui. J'apprenais que l'ami est le père d'une personne que je connais, que le décédé est le père d'une copine, que le décédé lui-même, en voyant sa photo, je l'avais déjà croisé.
L'autre jour je faisais un cauchemar. Un vrai. Où tu te réveilles le coeur battant, la lumière du jour suffisant à peine à te dire que ce n'était qu'un rêve.
Ou encore que les coeurs peuvent avoir des accidents dans la famille, qui heureusement laissent vivants. Parce qu'il y a des coeurs qui cessent de battre (J'ai su, je t'embrasse).
Qu'une amie est encore dans la douleur, une autre oui, ça commence à faire beaucoup.
Heureusement il y a aussi les nouvelles de naissance à venir. Là, en dehors du coup de vieux, tu es ravie.
J'étais dans ma bulle, j'ai un foyer, mon coeur frémit, estsouvent parfois bondissant, c'est un maelström d'émotions contradictoires qui te font monter sur un piédestal un jour de nage dans une eau tiède ou chuter du haut d'une montagne au sortir d'un rêve, dans la vie réelle.
Tu te dis alors que tu as de la chance, même si tu sens le sillage de la tristesse des autres, même si parfois tu doutes, de toi, de tout, parce que au moins, tu vis.
Ma vie est intensément plus dangereuse et plus vivante qu'avant. Dangereuse, parce qu'il faut savoir gérer les émotions, les rencontres, la vie, la mort, vivante car tellement exaltante et jouissive. Les extrêmes.
Je suis une boite qui se remplit de bulles, un courant d'air les fait s'envoler, le vent peut les faire exploser, mais tant qu'elles volent, elles sont brillantes comme les couleurs de l'arc-en-ciel. C'est beau et je ne vais pas m'en plaindre.
Mais putain parfois c'est hard*
*ça c'est un peu comme je parle. En vrai. En tapant du pied. Aussi.
Et puis sinon, désolée, j'ai encore pas de photo de beau à te montrer, en ce moment mon catalogue est plein de gens, de tables, de lumières jaunes...
Ah si...
J'ai une photo de chauve-souris alors souris!
Depuis que je sors de ce monde virtuel que j'aime, que je revois les gens, qu'ils m'entourent et que je les écoute, ma vie a changé.
Il y a bien ces questions que je pose. La réponse est souvent convenue. Je ferme mon carnet dès que j'ai les dates, les horaires, je laisse le crayon marquer la page et je passe l'élastique noir autour de mon moleskine prout prout mais ultra-pratique que j'aime.
Suit un silence, comme s'ils pensent que je suis prête à partir. D'ailleurs je suis assise sur le bord des chaises, penchée en avant, comme si. Mais la personne te regarde, et elle fini par parler, parler vraiment. Comme quand tu dis au revoir à tes amis sur le pas de la porte, il y a urgence à dire les choses qu'on a oublié de se raconter, les faux-départs qui durent aussi longtemps que si tu étais restée assise au salon avec eux.
Les choses les plus intéressantes que j'apprends ne sont pas celles que je note aux yeux et au vu de tous. Non. C'est tout ce qui entoure la question, qui sont cachées derrière les lèvres closes et les convenances. Les détails de vie, la confiance qu'on t'accorde alors même qu'on ne te connait pas.
Alors, tu rentres chez toi parfois avec plus de questions encore. Je monte un escalier qui n'a pas de fin, je rentre dans les caves où se cachent les meilleurs crus, je vois les plafonds avec les plus grosses toiles d'araignées.
Je compose, je respecte, je tais ou je dis, le jugement m'appartient de décider ce qui pourra être lu, ou pas.
J'entre dans les vies des gens et elles entrent dans la mienne.
Lundi soir j'apprenais le décès de quelqu'un que je ne connaissais pas. Mardi matin, je cherchais à pouvoir en dire sur lui, car il était connu de tous ici. Mercredi je rencontrais un ami de lui. J'apprenais que l'ami est le père d'une personne que je connais, que le décédé est le père d'une copine, que le décédé lui-même, en voyant sa photo, je l'avais déjà croisé.
L'autre jour je faisais un cauchemar. Un vrai. Où tu te réveilles le coeur battant, la lumière du jour suffisant à peine à te dire que ce n'était qu'un rêve.
Ou encore que les coeurs peuvent avoir des accidents dans la famille, qui heureusement laissent vivants. Parce qu'il y a des coeurs qui cessent de battre (J'ai su, je t'embrasse).
Qu'une amie est encore dans la douleur, une autre oui, ça commence à faire beaucoup.
Heureusement il y a aussi les nouvelles de naissance à venir. Là, en dehors du coup de vieux, tu es ravie.
J'étais dans ma bulle, j'ai un foyer, mon coeur frémit, est
Tu te dis alors que tu as de la chance, même si tu sens le sillage de la tristesse des autres, même si parfois tu doutes, de toi, de tout, parce que au moins, tu vis.
Ma vie est intensément plus dangereuse et plus vivante qu'avant. Dangereuse, parce qu'il faut savoir gérer les émotions, les rencontres, la vie, la mort, vivante car tellement exaltante et jouissive. Les extrêmes.
Je suis une boite qui se remplit de bulles, un courant d'air les fait s'envoler, le vent peut les faire exploser, mais tant qu'elles volent, elles sont brillantes comme les couleurs de l'arc-en-ciel. C'est beau et je ne vais pas m'en plaindre.
Mais putain parfois c'est hard*
*ça c'est un peu comme je parle. En vrai. En tapant du pied. Aussi.
Et puis sinon, désolée, j'ai encore pas de photo de beau à te montrer, en ce moment mon catalogue est plein de gens, de tables, de lumières jaunes...
Ah si...
J'ai une photo de chauve-souris alors souris!
3.6.12
Elle et Lui
1936. L'année des congés payés.
Elle retient sa robe au niveau du genou, la plage est sans doute ventée. Je me souviens d'elle, sur un petit siège, ras du sable, son chapeau aussi blanc que ses cheveux coupés courts, un tricot dans les mains. Elle portait souvent un pantalon foncé, toujours du rouge à lèvres, et ses lunettes ne cachaient pas grand chose du bleu de ses yeux.
Elle porte un bracelet, un joli béret. Ses cheveux sont bruns, ils s'échappent en mèches désordonnées.
Elle est mince, ses pieds sont chaussés de sandales à lanières, dirait-on, ou bien sont elles en tissu imprimé rayé, je ne pourrai pas le vérifier.
Elle s'appuie sur l'épaule nue de Lui, elle sourit franchement, un peu éblouie par le soleil. Sa silhouette se découpe sur le sable, il doit être juste l'après-midi du soleil, on sent bien que les ombres peuvent s'étirer encore longtemps.
Au fond tu distingues la mer, à l'écume blanche des vagues sur le gris de l'eau. Deux promeneurs longent la bande de sable, dont un homme qui a la même posture que Lui quand je le voyais marcher dans le jardin en escalier.
Lui est en maillot de bain. La bretelle qui tombe suggère que la pose a été prise alors qu'il allait finir de mettre son maillot avant d'aller dans l'eau. Ses cheveux sont encore secs. Ou bien, il a déjà nagé, et sèche depuis assez longtemps sur le sable pour que le vent ait refait le brushing de ses cheveux épais. Je me souviens de lui, au sortir de l'eau, enfiler la serviette dont tout le haut se fermait avec un élastique, il pouvait s'en faire une cabine et se changer debout sur un pied, les mains libres sous l'éponge. Je me souviens aussi du moment où il entrait dans l'eau, ses bras qui faisaient des gerbes d'étoiles pour se mouiller le torse, la nuque, en faisant des petits brrr brrrr de froid, après tout c'était la Manche. Son corps était blanc laiteux malgré ses bains quotidiens.
Il a un petit sourire en biais, il se force sans doute, Lui, le discret, le timide, qui ne parlait pas beaucoup. Enfin je crois. Toujours à réfléchir, à penser. Il me tordait le nez en souriant pour me l'enlever et me présenter entre son index et son majeur, un pouce qui me faisait rire. Il m'a fait aimer les bigorneaux. Il était assis à ma gauche dans la salle à manger bordeaux, j'étais en bout de table, l'énorme buffet dans mon dos, où j'aimais trouver des merveilles de vaisselle brillante et rutilante, il faisait aussi une salade de tomates fabuleuse.
Ils regardent le photographe, je ne sais pas qui c'est. Un ami sans doute? Ils sont peut-être déjà mariés, ils n'ont pas encore d'enfants. Leur regard est confiant, leur pose est entre la détente et la retenue. Il lui passe un bras autour de la taille, moi qui ne les ai jamais connus que faisant chambre à part.
J'aime énormément cette photo. Elle est émouvante.
Il y a là le début d'une histoire, tous les possibles. J'en sais la fin, un peu du milieu. Je découvre, je tente d'imaginer de reconstituer.
Elle a porté cinq enfants. Cinq grossesses, où la vie dans son ventre. Un bébé est mort-né. Un deuxième est mort pendant la guerre, de manque de lait, à 9 mois. Elle ne m'en parlait jamais plus que de prononcer son prénom. Un prénom qu'elle a dû prononcer avec amour en portant l'enfant dans ses bras, comme je vois la photo devant moi de la grande soeur qui porte l'enfant dans ses habits blancs, des robes à superposition, plein de volants.
Je suis allée la voir à l'hôpital, alors qu'elle était fatiguée de vivre, alors que nos discussions étaient monologues, je ne savais pas bien ce qu'elle comprenait, je crois qu'elle voulait juste partir. Je lui ai annoncé que j'étais enceinte, j'ai pu le lui dire, mais elle n'a pas vu ma fille. Je ne savais pas que ce serait la dernière fois que je la verrais, mais j'ai dû le sentir, car c'était bien tôt dans ma grossesse, avant même que je l'annonce à mes parents. Elle m'a serré la main, je crois.
Ils ont mené une vie de voyages, de déménagements, 59 il me semble. Ils ont connu l'étranger, la France à l'étranger aussi. Les colonies. Ils étaient bourgeois, ils ne devaient pas avoir trop de soucis financiers, Lui étant ingénieur "dans les puits de pétrole et les chemins de fer".
Il n'empêche que je ne peux m'empêcher de me demander comment Elle a pu se remettre de la perte de ses enfants. Est-ce que cela ne bouleverse pas une vie? Comment a t-elle eu le courage de continuer d'y croire, et d'avoir d'autres enfants?
Et Lui. À cette époque où les hommes ne s'occupaient pas des enfants, de leur éducation, des tracas du quotidien. Je me souviens : nous arrivions de Rennes ou de Lille, et il ouvrait la porte de la maison. Il se reculait un peu dans le couloir, l'escalier qui montait à mi-étage dans son dos. J'utilisais la marche de l'entrée comme pour prendre mon élan, un tremplin vers lui un tout petit peu plus bas, et d'un vol je sautais dans ses bras. C'est ainsi que je jouais avec Lui. Je crois qu'on s'entendait bien. D'ailleurs, je l'appelais Bon. Il pêchait la crevette, et fabriquait des maquettes.
Elle, je viens de découvrir l'album "dis-moi grand-mère" que mes parents lui avaient offert quand j'étais petite. Elle s'adresse à moi dans ce livre, elle a mis ces photos, comme l'héritage de sa vie. Elle ne dit pas tout, elle reste pudique, je dois lire entre les lignes. Elle s'adresse à sa petite-fille, c'est une femme qui lit ce livre maintenant, il y a presque encore plus de questions.
C'est comme de lire une lettre 10 ans après sa mort. Alors qu'elle était dans sa 90 ème année comme elle disait. (Elle n'avait donc pas encore, à quelques semaines près, ses 90 ans).
Cette photo, c'est ma grand-mère et mon grand-père, et je les trouve beaux.
2.6.12
Immobile
Nadéah fait des bonds dans le salon. Elle secoue de la tête ses cheveux blonds.
L'air entre par la fenêtre, il n'est pas bien fringuant, juste un souffle.
Dehors, l'herbe est déjà chaude, encore moite de la chaleur nocturne de la terre. Les oiseaux s'évertuent à donner de la voix. Quelques nuages lourds forment un plafond de brume. Les yeux se plissent de la luminosité blanche qu'ils reflètent.
Est-ce qu'il reste du sable entre nos orteils?
Aucune feuille ne tremble, un léger frisson peut-être.
Soudain, le plafond ouvre une fenêtre, le vent s'engouffre, les grandes feuilles du tulipier se montrent à l'envers, un joli et tendre vert.
Et pourtant plus rien ne bouge.
Quelques palourdes et moules veillent au grain dans le seau d'eau. Tout à l'heure, il faudra les ouvrir, les garnir, s'en mettre plein les doigts, plein la goule, du goût d'un printemps tardif. On pourra peut-être en fermant les yeux, sentir l'eau de la ria nous caresser de l'intérieur, nous donner de cette force qu'on a parfois laissé de côté. Celle qui nous tend au sortir du bain, celle qui nous vivifie, qui rend beau le moindre centimètre carré de peau. Elle brille au soleil qui chatouille nos sens.
Parfois, le temps est suspendu à l'attente. Alors que nous ne sommes qu'impatience.
L'air entre par la fenêtre, il n'est pas bien fringuant, juste un souffle.
Dehors, l'herbe est déjà chaude, encore moite de la chaleur nocturne de la terre. Les oiseaux s'évertuent à donner de la voix. Quelques nuages lourds forment un plafond de brume. Les yeux se plissent de la luminosité blanche qu'ils reflètent.
Est-ce qu'il reste du sable entre nos orteils?
Aucune feuille ne tremble, un léger frisson peut-être.
Soudain, le plafond ouvre une fenêtre, le vent s'engouffre, les grandes feuilles du tulipier se montrent à l'envers, un joli et tendre vert.
Et pourtant plus rien ne bouge.
Quelques palourdes et moules veillent au grain dans le seau d'eau. Tout à l'heure, il faudra les ouvrir, les garnir, s'en mettre plein les doigts, plein la goule, du goût d'un printemps tardif. On pourra peut-être en fermant les yeux, sentir l'eau de la ria nous caresser de l'intérieur, nous donner de cette force qu'on a parfois laissé de côté. Celle qui nous tend au sortir du bain, celle qui nous vivifie, qui rend beau le moindre centimètre carré de peau. Elle brille au soleil qui chatouille nos sens.
Parfois, le temps est suspendu à l'attente. Alors que nous ne sommes qu'impatience.
Inscription à :
Articles (Atom)
