15.7.11

Miscellanées gourmandes.

C'est pas dans l'ordre. 
C'est mélangé. C'est comme la vie que j'aime, des moments disséminés dans la journée, dans le temps. 
La prune, c'était hier. 
Il y a plus de trois kilos de fruits cueillis à l'arbre qui attendent d'être mangés crus, cuits, confits. 

 Qui a dit que c'était la pomme le fruit défendu qui a précipité l'humanité dans la déconfiture?
Pourquoi pas la prune, ce fruit à la chair si douce et si sucrée?

 Et comme si ça ne suffisait pas, il y avait un, dix, vingt papillons qui voletaient autour des fleurs. Ils sont revenus avec le soleil, avec la chaleur, et ils ajoutent des pétales aux fleurs...
 Là, ce jardin est immense. Il déborde. Il n'a pas de limites. Il va aussi loin que le regard porte, dans l'aber, dans l'eau, dans le ciel, vers l'horizon.

 En parlant de ciel, il nous fait de beaux cadeaux parfois. Comme sur cette plage où soufflait le vent dans les nuages, nous donnant à voir la lumière...
 Ou les galets...
 Ou les coquillages.
 Mais.
Mais tu vois, il se passe aussi des petits miracles. S'il y a bien un machin volant que j'aime plus encore que les papillons, se sont les libellules. Je n'en vois jamais près de mon eau salée...
 On s'est perdus en forêt de Camors, un étang, et des centaines de flèches bleues, rouges, noires...
J'y retournerai, car prendre ces bêtes là avec des enfants près à plonger dans l'eau noire parce qu'ils sont trop près du bord, juste parce qu'ils sont attirés comme moi par les ailes transparentes, n'est pas chose facile. Il me faut du temps et apprendre à régler mon appareil pour prendre ces natures vivantes et mobiles ce qui me change considérablement de mes salades de fruits sagement immobiles...

A bientôt...

12.7.11

Le camion du fromager.

La route monte. Un peu. Juste de quoi ralentir les moins puissants. Devant moi, un camion de fromagerie. Il a l'air, il doit, revenir du marché. C'est sûr. Certain. Il est quatre heures, et il avance à l'allure de quelques chevaux. Pour un peu, j'imagine une roulotte tractée. C'est juste moins poétique, cette camionnette blanche, avec l'auvent qui flotte au vent, coincé sous la paroi du côté droit.
La route monte. Nous faisons du cinquante à l'heure. Un cheval? dix? je suis loin des 120 ou 160 maîtrisés sous le pied, l'autre jour.
Je ne me presse pas. Forcée peut-être. Mais je connais cette route, je sais qu'il ne sert à rien de tenter quelque manoeuvre de doublement que ce soit. Les virages. C'est une route de douce montagne. Elle monte, sans épingle à cheveux, elle sinue.
Je flâne.
A ma droite, de l'espace. La campagne vallonnée, verte, et brune, et jaune des blés. Les talus frisés. De chênes, de hêtres, de noisetiers. A chaque fois, je veux m'arrêter. Cesser tout mouvement et tout bruit de la route, pour admirer ce paysage silencieux, grand et vaste. J'imagine les courbes à l'ombre des arbres. Je vois les couleurs changer au passage des nuages. Comme un négatif du ciel sur la terre. je voudrais prendre une photo. Mais je sais que jamais je ne parviendrai à rendre ce que je vois. J'ai essayé. En vain.
Le relief. Je suis sur une hauteur et je surplombe des kilomètres de collines et de monts. Peu d'habitations. Des moutons. De la lande. Des terre vierges. Parfois, je sais qu'elles sont noires, l'été, quand le feu prend dans la tourbe et enflamme des milliers d'hectares.
La nuit, aucune autre lueur que celle des étoiles, de la lune quand il n'y a pas de nuages, peut-être la torche de l'Ankou qui tire sa charrette, juste pour qu'on puisse voir la blancheur de son squelette ou encore son sourire édenté. La nuit, je ne viendrais pas aux Portes de l'Enfer, le Yeun Elez, l'endroit même où le lac de Brennilis trouve sa source. C'est magnifique en plein jour, l'automne surtout, avec les couleurs orangées de la lande. Mais sous l'eau calme, un gouffre, une ancienne mare, sans fonds, dans laquelle on jetait l'âme de ceux à qui l'on refusait le paradis.
 La Noce de pierres, Eured Ven, me rappelle encore que cet endroit est chargé d'histoires, et qu'il n'est pas bon de s'y perdre. Pourtant, quand je grimpe le Tuchen Kador, un soir d'hiver, et que je vois le soleil se coucher, enflammant de rouge les nuages, il n'y a rien de plus beau. Je sais que de là-haut, je suis sur le point le plus haut de Bretagne. Et ça me rend toute petite.
Il fait lent, sur cette route, cet après-midi d'été. J'ai le sourire en voyant le camping-car qui me suit s'approcher de moi comme pour une tentative de me dépasser. Je sais bien, qu'il n'y aura pas d'endroit avant quelques kilomètres pour que la route permette cette acrobatie à un véhicule aussi lourd que le sien.
A quoi bon? Perdre cinq minutes et tourner la tête pour se remplir les yeux.
Un jour, peut-être, je parviendrai à restituer ce paysage magique, hypnotique, qui me prend aux tripes à chaque passage, de plus en plus alors que l'âge va de l'avant. Dans quelques mois, je me ferai le plaisir d'une randonnée, quand j'aurais retrouvé l'usage de mon genou, comme un pèlerinage. Traverser cette lande, de Gwarem Edern au Menez-Mikaël. D'autres l'ont déjà fait en courant. Alors, en marchant.
Et je photographierai de la plante de mes pieds chaque relief de cette terre que j'ai l'impression d'encore moins bien connaître depuis que j'ai envie de la savoir mieux.
Un fou me double enfin. Moi et la carriole à fromages qui brinquebale devant moi. Je souris encore. Je sais où il va et qu'il n'a plus qu'une centaine de mètres à parcourir.
A quoi bon, me dis-je. Il n'a pas vu tout le paysage, il s'est escagassé contre la lenteur. Je me suis garée à sa hauteur, quelques secondes plus tard, alors qu'ils ouvraient juste la portière.
J'ai encore cassé mon porte-monnaie à la maison des artisans.
Un jour, toute ma vaisselle sera dépareillée mais belle.
Et je suivrai le camion du fromager jusqu'à chez lui, pour goûter ses fromages.

10.7.11

Clou.

Le clou du spectacle?
De ma vie je n'avais planté autant de clous. Clous qui pique, clou pointu, clou à tête plate, clou de girofle. Je m'égare.
Enfoncer le clou?
Un matin, hier en fait, j'ai même pris mon majeur gauche pour un clou, il en reste un point noir, pour me souvenir.
Les enfants rentrent aujourd'hui. On a bossé comme des clous, euh, fous, mais on a encore des finitions.
Les finitions, c'est ce qui prend le plus de temps. Tu te dis que tu as fini, mais non, une découpe par ci, une autre par là.
Je sais donc poser un lambris, jusqu'à 2,60 mètres de haut.
Un clou chasse l'autre?
Maintenant, nous allons nous attaquer aux peintures, lundi, il nous faut plus de plancher, tiens, un plancher flottant dans une maison en bois, et on pourrait s'amuser d'un radeau de la méduse.
Il fait beau ce matin, les Zotes sont adorables, hier soir en arrivant ils nous ont offert une bouteille de leur vin, et nous l'avons dégusté, fatigués que nous étions, avec un grand plaisir.
Tu sais quoi? Nous n'allons pas nous attaquer à la chambre d'hôtes numéro deux tout de suite, elle ne sera pas ouverte cet été, mais nous pensons y parvenir pour l'automne. En attendant, je viens de passer commande pour les draps, nous les utiliserons dès cet été, et toc!
Je voulais te mettre une photo, mais les zotes étant partis en balade, c'est l'heure de la scie circulaire et des clous. Je cloue, tu cloues, il cloue...dit-on clouer ou clouter au fait? ah ah ah!

2.7.11

Travaux...

C'est à croire que notre maison est une maison légo. Nous y transformons toujours quelque chose.
Les enfants ont eu une chambre chacun, puis c'est devenu la chambre d'hôtes. Ils dorment depuis deux ans dans la même chambre. Pour leur plus grand plaisir. Mais voilà qu'ils grandissent. Ils ont besoin de leur espace à eux, nous le voyons bien, surtout pour ma grande. Mais la maison n'est pas extensible.
C'est pour ça que, loin d'être à une contradiction près, nous décidons de leur créer une chambre à chacun, un nid, un lieu avec juste assez de place pour un lit, de quoi ranger des jouets et un bureau.
Et c'est aussi dans l'optique de faire une deuxième chambre d'hôtes. Mais cette fois, c'est notre chambre à nous qui va être utilisée.
Alors, nous avons commencé.
C'est une maison en bois, nous ferons des cloisons en bois. Des demi-chevrons en guise de poteaux intermédiaires pour soutenir le lambris clair et l'isolation. Des fenêtres de toit ont été ouvertes (nous avions le permis pour ça, mais le manque de sous nous avait empêché de le faire jusqu'ici), pour que chaque chambre aie sa fenêtre.
Et puis la deuxième Breizh kiss... Comme d'habitude, je commence par la fin, je suis déjà en train de regarder sur le site de couleur-chanvre.com pour trouver des draps jolis.
Je vais t'expliquer.
On voudrait faire une chambre d'hôtes double, c'est à dire un endroit où pourraient venir deux couples d'amis, ou bien une famille de deux ou trois enfants. Il y aurait une entrée commune, et une chambre à l'étage. Nous pensons à des familles ou des amis car il faudrait partager la terrasse, et qu'ils aient les mêmes horaires de couchage pour que les uns ne réveillent pas les autres en rentrant le soir. En revanche, chacune des chambres a sa douche et ses toilettes, je te dis pas comme on réfléchi en ce moment même à la façon d'organiser ça, tourner autour d'une douche, le lavabo etc...C'est du boulot (c'est l'homme qui fait, je l'aide quand je peux "pince, couteau, scalpel...") mais notre maison s'améliore, enfin, s'améliorera parce que pour le moment c'est total bazar....Rien qu'hier, nous avons descendu la baignoire en fonte, c'est un poids terrible ce truc-là, on était pas trop à quatre.
En plus, je voudrais un espace à moi, un petit bureau, mais je ne sais pas dans quelle mesure (au sens propre) ce sera possible. C'est même quasi impossible.
C'est l'investissement pour la "BK enterprise" (c'est le nom qui est écrit sur le dossier qui concerne la chambre d'hôtes).
Merci les beaux-parents. :-).