9.8.10

J'aime...

Ce que je fais,
Ecrire,
Lire,
Regarder la mer,
Entrer en elle,
Sentir le vent,
Mes enfants,
l'Homme,
La vie que je mène,
Les discussions profondes avec des inconnus,
Rencontrer des gens,
Ecouter,
Le jazz, et pas que,
La musique,
Danser, même n'importe comment,
Hurler: Vanina ah ah ah ah ah ah ah ah ah ah, vanina  ah ah ah ah haaaa ha ha ha haaaa,
Seulement dans la voiture, un jour de soleil, avec le grand vent de la fenêtre ouverte,
En rire,
En rire encore quand j'avoue que je le fais,
Ton rire,
Le cou de ma fille, à l'endroit du bisou,
Ses joues,
Le sourire éclatant de mon autre fille,
Les fossettes de mon fils,
Mes enfants (oui, encore, je le redis, quand on aime...)
Le sable sous la plante de mes pieds,
Marcher pieds nus,
Sentir le bois chaud de la terrasse,
Ou l'herbe humide de rosée,
Revoir des amis pas vus depuis longtemps,
Se raconter tout,
A toi, te dire tout,
Ou presque,
Voyager,
Déplacer mon canapé, pour croire que je voyage,
Faire le pain,
Façonner la pâte,
T'en donner un bout,
Te le faire écouter chanter,
L'odeur du pain grillé,
Et celle du café,
Me réveiller et voir le ciel bleu,
Me réveiller avec un bisou de l'un de mes trois,
Me réveiller en pensant à toi.
Ou m'endormir dans tes bras...
Ou...
J'aime, surtout quand j'aime,
Et c'est la vie qui me mène.
J'aime...

7.8.10

La Pêche.

                                 (clique sur la photo si tu veux voir plus grand)
Moi, je ne pêche pas. Ou pas ce que l'on s'attend à pêcher.
Mais Eux, si.
Faut voir. Trois crevettes à la pêche aux moules. Ah. Non, je raconte des beaux bars, c'est ma fille qui le dit (celle de quatre ans ET DEMI). Ils pêchent avec une canne à pêche, une vraie, une ligne, un hameçon, un plomb. C'est un ami (merci J.) qui les a initiés. Parfois, un coup de pouce suffit à entrer dans un engrenage heureux de pêcheurs satisfaits.
Faut voir, alors je vous montre. Ne soyez pas jaloux, pas la peine, juste admiratifs, comme je le suis.
Quatre cannes (c'est leur père le quatrième) et leurs petites jambes. En réalité, il n'y a que trois cannes qui servent vraiment, le papa n'a pas le temps de lancer sa ligne, tant il court de droite et de gauche (surtout de gauche, si on vous demande) pour relancer les lignes, accrocher les vers...ah, oui, les vers. Je crois bien que c'est pour ça que je ne pourrai pas pêcher pour de vrai.
La pêche c'est attendre le poisson, mais pour l'appâter faut bien lui donner à manger. Alors, arénicole. C'est franchement bof, l'arénicole. D'abord, tu vas le déterrer, ou plutôt le dévaser. (là où tu vois des petits serpentins de vase ou de sable, dessous, arénicole il y a).
Tu fais provision de dizaine de vers, et puis tu te décides à agrafer ton vers au hameçon. Et ça, c'est beurk. Parce que le vers saigne.
Mais.
Tu lances ta ligne, loin, là où tu as vu briller les écailles de poissons ou bien là où tu vois les ronds des poissons qui tournent, qui narguent.
Et puis, selon ton humeur, tu restes debout, ou bien tu t'assois, ou encore, tu cales la canne entre deux rochers. Et tu attends. Tu vois la ligne bouger, le haut de la canne ployer, tu entends les cris "j'ai une touche, j'ai une touche" et hop, tu moulines.
Bon, parfois tu ramènes un paquet d'algues. Tu pourrais demander à Patrick quoi en faire, mais tu n'as pas le temps, alors tu relances si le vers n'a pas été mangé (oui, sont forts les poissons, parfois ils arrivent à gober le vers sans se faire hameçonner), ou bien tu recommences l'opération accrochage de vers. Beurk.
Et puis, plus souvent qu'on aurait pu le croire, le petit miracle de ramener un poisson, un vrai, entier, même pas carré, un qui brille et qui se débat autour du vers qu'il a bien avalé avec le crochet.
La maman court prendre une photo (oui, ça, on ne change pas) le papa attrape un torchon pour tenir le poisson et décrocher le hameçon. On relâche parfois la prise, quand elle est trop petite. Tu sais, petit poisson deviendra grand.
Mais, le soir, on a dorades et bars à la régalade.
La dorade a des dents féroces et des épines dorsales tranchantes, faut s'en méfier.
C'est quelque chose de magique, ça, de manger sa propre pêche, et de poissons aussi bons. Ceux que tu trouves à prix d'or sur les étals de marché, et quand tu vois le travail que ça représente, tu comprends.
Je suis ravie que les enfants aiment pêcher, qu'ils savent pêcher même s'ils ont besoin d'aide, c'est un moment de plaisir partagé.
Je ne pêche pas, non, mais je mange.
Du bar juste grillé au four avec un filet d'huile d'olive, c'est un poisson si fin qu'il se suffit à lui-même. De la dorade, que tu peux lever en filet et faire griller avec de la chapelure au beurre salé. Oui, je sais, c'est gras, mais qu'est-ce que c'est bon!
Faudra que j'essaie avec du fenouil m'a dit Marcus, y a plus qu'à.
En attendant, je vous offre quelques photos de cette pêche là, et puis le paysage, parce que c'est le pays qui veut ça. C'est beau, tu sais. Oui, tu sais.

4.8.10

La Robe.

Je me suis offert une petite robe. Tu l'aimes. Petite robe, façon de parler, elle est si longue. Elle est robe, comme le glaçage d'un gâteau enrobé. Elle rend beau. Je suis une meringue à la peau blanche, enrobée de chocolat mat. Tu voudrais imaginer croquer dedans. Imagine. Un chocolat avec un coeur dont tu ignores la saveur.
Alors tu croques.
Bien sûr, tu attends quelque chose, on croit toujours connaître le goût du chocolat, mais. Voilà que tes yeux fermés pour mieux déguster, tu cesses d'y goûter. La surprise. C'est que, vois-tu, il y a une liqueur, à l'intérieur.
Alors, tu sens la chaleur qui passe de tes lèvres à ta gorge. Elle fait glisser le chocolat et tu soupires d'aise.
La robe.
Elle cache tout, elle enrobe. Elle est douce, tu le sais, puisque tu l'as tenue en main. Enfin, tu crois.
Puisqu'entre la robe et moi, tu ne sais pas.

1.8.10

Bleu.

C'était vendredi soir. Mais peu importe le jour. C'était un soir.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas parlé des nuages ni de la plage.
C'est un pays où l'on peut se sentir isolé rien qu'en regardant le ciel, ou bien le sable.
Nous étions peu nombreux, là.
C'était un soir, un soir où l'on remarque les messages inscrits sur le sable, par des mains aimantes, où l'on regarde les adultes redevenir des enfants, à qui lance le caillou le plus loin, ou bien, les silhouettes solitaires et pensives, venues là pour se ressourcer sans doute.
Il est des paysages, en plein vent, où chaque détail prend de l'importance. On se dit que les îles savent léviter au-dessus des océans, ou que les nuages savent se transformer en touches de pinceau, légères, comme une idée de blanc, juste suggérer.
Nous sommes restés nez au vent, j'ai fermé les yeux un long moment, le temps que les battements de mon coeur répondent au reflux de l'océan, et au Vent.
Ce Vent qui bat. Comme la vague et le temps. Je.