19.10.08

Chat rit varie



Quand elle a vu passer le corps de la bête pour la mise en terre, la larme est tombée.
L'enfant:
_"Mais comment va t-il faire pour aller au paradis? pour se déterrer?"
_"Maman, il est où Tigré?"
_"Mais, il faut lui faire une maison pour le paradis"
_"Léo, ton petit chat est mort, il ne faut pas que tu sois triste, il va au paradis"
_"Maman, j'ai dit à Léo que son petit chat est mort"
_"Mais, petit frère, elle ne comprend pas, tu sais bien, elle ne parle pas!"
_"On le met là, comme ça on pourra venir le voir"
_"Heureusement qu'on a Crème et Moustache, hein maman?"
_"Oui, mais Crème, elle est avec Grand-Mère"
_"C'est pas grave on la verra souvent"
_"Moustache, je ne veux pas qu'on le donne"

Il est au pied du Charme.
Et ce matin, le soleil.

et merci.

17.10.08

Le petit Chat est mort.


Sur la route, écrasé,
Le petit chat tigré.
Pas vu, ce matin, à l'entrebâillement de la porte,
Pas couru, comme les autres, sur l'assiette qu'on croque.
Sur le chemin de l'école,
A main droite, son corps.
Sur le chemin de l'école,
Le chagrin, même encore.
Ce soir, cérémonie,
Il va au Paradis.
C'est ce que les enfants ont dit.

16.10.08

Le Petit âne Gris

Il n'y a pas qu'à Locoal, ou à Brocéliande que d'étranges histoires perdurent...

Il y a des pays où la Rive est Douce, l'eau, Salée, et les Anes, en Pantalon.

On ne doit plus dire Bonnet d'Ane. C'est interdit. Par moi. C'est comme dire, "bête comme ses pieds"...qui a dit que les pieds sont bêtes? bon, ils ne sont pas près du cerveau, mais essayez de marcher sans pieds, pour voir...

Et puis, quand la Rive est douce, les habitants sont rétais, comme têtus.

Alors, les histoires se croisent, les échanges se font riches, et la confiture, de Figues.

Et puis même si le colis était piégé, comme je le savais il n'y a pas eu coupure ni griffe. Juste une lame, pour grigner mieux, ça permet de manger du (bon) pain.

Et puis ça, ça ne s'invente pas!

Et c'est tant mieux, parce que les amis du Petit âne gris sont très nombreux ( les marmitons le sont aussi) (et de sa femme) (évidemment)
(et l'homme a dit: et puis moi?) (et puis quoi, encore)
MERCI.

8.10.08

L'effet Milka.

La Grand-mère était généreuse. De coeur et de formes.
En vacances, en été, l'épicier et sa camionnette partis, les enfants se jetaient sur la tablette de chocolat, enrobée dans du papier mauve, avec une vache tout aussi mauve dessus. Un cadeau du coeur d'une mamie trop pauvre, mais riche pour ses petits enfants.
C'était bon, comme un interdit transgressé. Un carré avalé ouvrait la porte à mille autres. Les mains se tachaient de ce sucre coulant et les doigts étaient léchés avec application, jusqu'au goût de l'herbe et le sueur enfantine qui restaient attachés à la peau, souvenirs des jeux dans le jardin.

Des années lumière plus tard, sur le rayonnage du magasin, cette sensation lui revint en mémoire.
D'un geste sûr, elle glissa le délit dans le panier, et le sourire en coin en bandoulière, elle rentra chez elle.

L'emballage avait changé, évolué. Une seule épaisseur d'un papier plastifié et plus facile à déballer. Le temps est aux plaisirs faciles.
Le symbole était resté le même. Une écriture arrondie, un peu penchée, rassurante.
Et la vache bien sûr.
Comme le chat. Celui que ses enfants avaient surnommé "Vache" parce que de blanc et de noir taché.
Milka. Comme le nom qui a été donné à ce chat par la fillette qui l'a choisi. Avec l'humour de ses parents.

Mais le goût?
Le goût, c'est lui qui fait prendre de l'âge, de la distance.
Exagérément sucré. Comme un souvenir trop liquoreux.
Le café lui fit glisser ce carreau trop sentimental, et sa fille de 6 ans, bientôt 7 et l'âge de raison, découvrant le paquet, y goûtant, déclara:
"J'aimerais bien que tu achètes encore ce genre de chocolat là, maman, il est vraiment mon préféré"
L'effet Milka.