9.9.08

Binette

Binette au nom si charmant, si doux, un air de printemps...

Binette, tu l'as vue ma binette?

Binette, avec un petit nom comme une copine ou une familiarité affectueuse, mais pourquoi donc, me demandé-je?

Binette, de biner, ou de bini, parce que deuxième après le labour.

On aurait pu t'appeler Bine...c'est plus sec. (et tellement plus concret)

Non, Binette, on s'attache, on peut faire croire, donner illusion...ooooh ma petite binette, tu es toute mignonne, hein?

Ainsi, à deux mains, je bine. Avec ma binette petite et une binette en souffrance. Deux heures de binage, valent mieux que deux de carrelage?

Binette, ah ah, tu cognes la terre sèche, plein de cailloux tu blesses, dans le bras tu résonnes.

Cogner comme un sourd, voilà ce qu'elle fait la binette au désherbage mal apprivoisé!

On ne me fera pas dire que binette est fragile, que binette est mignonne...binette est efficace, voilà.

Et c'est tout ce qu'on lui demande!

Et ma bobine?

Elle se dit que faire chambre d'hôtes, c'est pas ce qu'on croit!

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1.9.08

Sacs.

Sacs de vies.
Trois. Les mêmes parfois, les leurs, les trois vies.
Rentrée.
Trier. Ranger. Donner. Jeter. Ne pas garder.
Ne rien garder?
Dans celui là, je t'ai caressé le ventre pour apaiser l'appétit vorace de ce lait insatiable.
Dans celui là, tes yeux étaient myosotis, une couleur que j'ai apprise, inconnue auparavant.
Celui là t'a été offert par les élèves de ton père. Ta soeur l'a porté aussi.
C'est doux, encore.

C'est petit toujours. Alors que toi.

Toi tu es une petite fille aux yeux myosotis, bleu violets, au sourire charmeur et qui fait chavirer les coeurs. La première, celle qui subit l'apprentissage de la mère. Ma fille.

Toi, tu es le grand petit garçon, celui qui parle des baleines comme des requins et des dinosaures avec la voix qui enfle, la respiration qui se suspend, les yeux qui s'ouvrent grands et tes mots le soir "je t'aime bien, maman"

Et toi, toi, aah, toi. Tu promets.

Tu as rattrapé l'agilité des aînés, tu cours après leurs escapades, leurs rigolades et cabrioles. Et tu blottis encore ta tête dans mon cou en tortillant une mèche de mes cheveux dans une main alors que le pouce de l'autre est dans ta bouche.

Et demain mes petits, demain, ces sacs dans la voiture pour le secours populaire, ces habits qui vous ont portés, enveloppés: donnés.

Et demain, puisque vous êtes grands, assez pour que je passe mon tour, vous allez tous les trois à l'école.

Serais je au bout du quai, à vous regarder partir, sac au dos?
Serais assez forte pour me dire que vous n'êtes presque plus mes bébés?
Oui, puisque je donne ces sacs.
Non, puisque je garde ça.

Mais peut-être, parce que je ne garde QUE ça.

13.8.08

Tout Contre

La flèche le dit pourtant, passez votre chemein, n'entrez pas, allez à babord!!

Mais, venir voir ça, sentir le vent rugir, frissonner, crier les mots pour s'entendre...
Habiter près de la mer, la vraie, celle qui respire même les jours de beau temps...
Et voir le Goéland tenter lui aussi de franchir la barre, le mur du son...


Et se dire que Jonathan a encore du chemin à faire...



GOELAND TOUT CONTRE

8.8.08

The Wall

Nul n'est maçon en son pays. Franc, peut-être, maçon, non.

J'habite une terre habitée.
A mesure que le tas de pierre devenait long, sinueux, il reconstituait l'histoire d'un lieu sans doute construit des années auparavant. Parfois carrée, comme la pierre du foyer, parfois plate comme la dalle du sol, souvent tordue, comme une pierre pas taillée, elle se rappelle qu'elle devait être un mur.
Une maison, une étable, aussi nombreuses elles devaient abriter quelques âmes.
C'est du moins ce que le dos se dit, ce que la main souhaite, ce que la sueur pleure, alors que la terre livre ses secrets.
A moins que ce ne soit le lieu d'une ancienne carrière?
Breizhkiss se fait de bois, et de la pierre d'avant, pour un bel ornement. Avec tous ses habitants. Et leurs parents.