24.3.08

UN AN, ONE YEAR, 1.

Oui, ma brave dame! Un an passé même! j'ai raté le compteur fatidique (c'était le 18), j'ai dû remonter le temps des messages pour me rappeler l'essentiel.
Qu'est ce qui m'a prise ce jour là de créer un profil puis un compte blogger?
Pourquoi cette aventure?
Où en suis-je?
Qu'en fais-je? où vais-je? Bla bla bla?
Bref.
Maintenant j'ai toujours deux doigts, mais deux doigts plus rapides.
J'ai toujours un cerveau, mais pas plus rapide, juste , plus vieux. M'enfin, au moins, il a aussi deux hémisphères, ça équilibre (les doigts, vous suivez?).
Tiens, je crois même avoir des "amiNets" en plus.
Qu'est ce donc? des lecteurs fidèles, irréductibles qui continuent de me lire malgré les inepties qui peuvent plomber ce blog.
Je ne les citerai pas, ils se reconnaîtront (qui a dit ça déjà avant moi? quelque chose du genre "Dieu reconnaîtra les Siens"?); Si certains se sentent exclus, qu'ils me laissent un commentaire, ça fera exploser mon compteur.
J'ai appris que ceux qui me connaissent en vrai, ne peuvent pas s'empêcher de me voir dans ce que j'écris.
D'où une note téléphonique (virtuelle, tout le monde est en illimité maintenant, non?) astronomique pour des phrases du genre: "t'es sûre que ça va? " ou encore "qu'est ce qui se passe?" et parfois "tu as besoin de sous ma chérie?"
A la première question: oui, mais tu sais, c'n'est pas forcément de moi que je parle, hein?
A la deuxième : mais rien, pourquoi, tu sais ce n'est pas forcément de moi que je parle hein?
A la troisième: OUI. Je te redonne mon adresse de ma vraie maison, dans ma vraie vie et mon vrai nom, pour ne pas que le chèque se perde.
J'ai appris que je ris beaucoup en lisant certains d'entre vous. Marcus par exemple. Enfin, quelque fois, je ne comprend rien, et puis quelque fois je lis en plusieurs fois, parce que souvent j'ai quelque chose sur le feu qui se termine avant la fin de son article.
Grand chef, mais il est de l'autre côté sur l'autre moi, le côté qui mange.
Balmeyer aussi, quoique là, ce sont les commentaires qui me laissent pantoise. Et je fais comme pour Marcus, en plusieurs fois.
Et puis plein d'autres!
Et puis, si j'ai appris que c'est sûr, j'adore écrire, dire des bêtises, etc...franchir le pas pour faire mieux, n'est pas encore gagné.
D'abord, je ne me sais pas assez caustique, ce que j'écris est trop...naïf, pour plaire au plus grand nombre, ou pas assez fouillé, ou encore pas bon, tout simplement (ça c'est ce que je me dis les soirs de pluie), en tout cas je sais qu'il y a encore du boulot, du boulot, du boulot...pour prendre la place d'un autre! (d'un autre boulot, n'allez pas prendre la mouche, il y a de la place pour tout le monde ici!)
Et parfois, si vous lire me donne du courage, parfois aussi, je dois éteindre la bécane parce que je ne me sens pas l'ombre du talent du poil de l'orteil de chacun d'entre vous.
Et quelque temps après je me dis: oui, mais tu écris pour qui?
Pour moi, mais pour être lue, sinon, ce ne serait pas là.
Pour moi, mais pour l'autre moi, la cachée.
Pour moi et pour mon orgueil, l'est caché aussi, mais franchement, s'il n'y en avait pas, y serais-je? (ici, là, sur votre fenêtre!)
J'ai encore appris aussi, que ceux qui lisent l'un ne lisent pas l'autre. Enfin, pas souvent. Et c'est drôle, parce que les deux sont indissociables dans mon idée.
Enfin, se reproduit encore aujourd'hui ce qui se produit tous les jours, je dois interrompre ce billet pour cause de vie de famille. Celle que j'aime avant tout.
Alors juste un dernier mot:
Merci à vous.
PS: j'adore les PS...
PS2: revenez me lire
PS3: et me faire des commentaires
PS4: gentils.
PS5: oh, non, rien, c'était juste comme ça.

20.3.08

Ecriture.

Elle est pointue.
Parce que la rondeur se limite à ses formes.
Le reste, elle exige l'acuité de trait, la noirceur de l'encre, la rigueur du point. Elle se défend des fins de phrases silencieuses, des points sur les i qui en racontent plus que le mot qu'il accentue.
C'est pourquoi elle n'écrit plus qu'avec son clavier. Pour ne pas agresser l'interlocuteur, qui involontairement tressaille de cette autorité qu'il n'imaginait pas en la voyant. Quoi? cette femme gironde, douce, serait-elle aussi sévère envers l'espèce humaine que ne peut le laisser croire son sourire enjôleur?
Fuyons.
Alors, éconduite par des missives importunes, mal lues parce que non lues, non lues parce qu'offensives à la vue, elle se résout aux lettres fugitives, celles qui ne nécessitent qu'un clic à la place du timbre, celles qui permettent l'écriture ronde et accorte, ou bouclée et féminine, mais surtout pas pointue. Ni vulgaire. Enfin, croit-elle.
Et puis, surtout, éviter la rencontre. La confrontation. Le regard de l'autre avec la parole qu'elle ne peut rendre. Elle sait son incapacité chronique au dialogue, à l'écoute, à la compréhension mutuelle. Le mot, elle doit le mâcher, le retourner, en faire du chewing gum avant de tracer la bulle sur le dessin de sa vie.
La fille a cru pouvoir s'enfermer dans un monde de carrés noirs écrits en blancs. A cru pouvoir échapper à l'autre. Se contenter de l'écran blanc, où elle changeait de peau comme de lettre.
Et puis les factures, le facteur, les voisins, le vent, la nature, elle a mis le nez dehors, pour tester le monde réel. Elle avait maigri, on aurait pu voir à travers elle si elle n'avait pas mis ces vêtements amples, ceux qui sont amis de la tempête pour reconnaître sa silhouette.
La même tempête qui avait réduit à néant l'antenne relais qui la reliait au monde des vivants via le monde du rien.
Alors elle a écrit un livre.
Mais on n'en sait rien, parce que la fille n'existe qu'en lettres. Ni rondes, ni pointues. Juste écrites.

11.3.08

Faraday, mon ami

"Faraday a montré que toute substance est aimantable mais le plus souvent l'effet n'est appréciable que dans un champ magnétique intense"

Faraday, écoute moi.
Je respecte beaucoup ton travail, même si je ne comprends pas tout. Ma capacité d'interprétation des théories ne vaut que celle de saint...comment déjà? celui pour qui il faut le voir pour le croire. Mais nous savons bien tous les deux que science et religion n'ont jamais faits bon ménage (ni Etat et religion d'ailleurs, mais c'est un autre débat, tu n'es pas au fait de l'actualité du XXI ème siècle...)
Ah oui, ça doit -être Saint François...je ne mettrais pas mon orteil à couper...
Bref, Faraday, je peux t'appeler Michael, tu aurais peut-être pu discuter avec ton collègue O(barré)rsted, je l'appellerai Hans, ça fait moins bizarre qu'"ensemblevide"rsted.
Celui qui a découvert la relation entre électricité et magnétisme. Je ne te résume pas, je te l'ai dis, pas cap, mais quand même, j'ose mettre en doute, ou plutôt en lumière un élément important sur le magnétisme que ni l'un ni l'autre n'avez évoqué.
Mais peut-être que tu n'as pas d'enfants.
Alors, ça explique cette omission.
Prends note Michael:
Une mère discutant avec une amie a une relation magnétique avec les enfants qui l'entourent.
C'est un fait avéré. Pour cette théorie, je veux bien m'appeler Sainte Françoise. Pour que tu me croies.
Tu ne comprends pas?
C'est simple; rassemble dans une maison, relativement grande quand même, cinq individus. Trois d'entre eux sont des enfants (personnes encore dépendantes pour le gîte et le couvert de leurs parents)
Les deux autres, l'une la maman, et l'autre, une amie que la première n'a pas souvent l'occasion de voir.
Que font elles? elles discutent, échangent, se remontent le moral, refont le monde, et la peinture de l'escalier.
Que font les autres: par un phénomène que je suis en train de t'expliquer, du fond de la grande maison où ces enfants ont leur chambre, un déplacement d'objets, de jouets puis de voix, et enfin des individus susnommés, se produit vers le centre magnétique qu'est LEUR MERE...
Ainsi, en quelques instants, celle ci doit ramasser la pile de papiers tombée, consoler la chute, donner un verre d'eau, séparer la dispute...
Et cesser de profiter d'un agréable moment dans le calme et la raison avec son amie, compréhensive, mais pas au point de brailler une idée ou la couleur des murs!


Pub petit bateau
Faraday, toi qui sait le courant, invente nous cette télécommande...
A toi mon ami, bons rêves et bonne nuit!

9.3.08

Le Nid.

Cette immobilité me dérange.
Je ne comprends pas pourquoi, à intervalles réguliers, tout se fige et se tait. Je me sens tellement seul!
C'est ainsi depuis mon dernier demi-tour. Je crois que j'en ai encore pour un moment. La dernière fois, j'ai tenté de faire comprendre mon malaise: j'ai donné des coups, mon talon poussait fort contre la barre qui surplombe ma membrane. Ça a failli marcher; le corps s'est levé, lentement, pendant deux bulles j'ai cru que le roulis allait continuer suffisamment pour que je m'apaise. Mais il s'est renversé, j'ai manqué me retourner à nouveau, et le calme est revenu.
Quand je distingue une certaine lueur, je sais que le mouvement sera plus vif, et qu'en fin, je vais me dégourdir.
C'est dur vous savez de rester là, roulé en boule, avec l'infime possibilité de bouger! depuis que j'ai trouvé mon pouce, je me détend virtuellement, mais impossible de tirer une jambe vers le haut, ou un bras sur le côté; tout se fait en contrainte, et lentement.
Ce que je préfère le plus, c'est quand le rythme de la chaloupe est régulier, un roulis parfois abrupt qui me fait rire au point de me donner le hoquet!
Et puis le bruit, j'adore! Ça fait comme un bourdonnement, une chatouille qui remonte le long de ma colonne jusque dans le cortex de mon intelligence. Je dis intelligence, parce que je comprends tout, j'analyse tout, mais croyez moi, ce n'est pas une sinécure.
De temps à autre, des cris, des tressautements me surprennent et me ravissent. Des vagues conduisent l'onde tout autour de moi, comme une chaleur qui m'enveloppe. C'est bizarre ce que je vous raconte là, je n'ai jamais eu froid.
Tiens? Une irrésistible envie me pousse à tenter quelque chose de nouveau: pousser des deux pieds avec toute la force de ma volonté. C'est vrai, cette lumière diffuse m'attire, je voudrais savoir ce qu'il en est. Après tout, il m'est permis d'être un aventurier, c'est dans le contrat: tout est possible, au départ!
Ooooh, je ne savais pas, ce que c'est douloureux!
Non, j'ai mal, je sens, j'ai froid, je souffre, mes yeux, mes poumons.
Là, tu m'as parlé, je reconnais le son, oui, je distingue ton âme, tu es ma mère, regarde moi, je te fais toi.
Porte moi, colle moi à ton côté, rend moi la chaleur qui s'échappe de moi, et ce liquide chaud qui apaise ma douleur. Je te parlerai plus tard. Laisse moi m'engourdir, me détendre, sucer ton sein et boire goulûment.
Je suis enfin sorti. Tu vas m'aider, tu me l'as dit. A tout à l'heure.

C'est le texte de Zoridae sur les tortues de mer qui m'a donné l'inspiration du mien. J'en ferai un sur les tortues vraiment un de ces jours...